Les cours du pétrole reculent nettement lundi, après que les Etats-Unis ont annoncé avoir suspendu pour deux mois leurs sanctions visant le pétrole iranien, et assuré que l’Iran accueillerait à nouveau des inspecteurs nucléaires.
Cette annonce présage de davantage d’offre de brut disponible, ce qui tire les prix vers le bas. « Malgré un weekend de discussions mouvementées en Suisse et les menaces de la Maison-Blanche, il semble que certains progrès aient effectivement été réalisés entre les deux » pays rivaux, estiment aussi les analystes d’IG.
En début de séance, les prix tâtonnaient encore, hésitant sur la marche à suivre après une première session de pourparlers sous tensions, à l’issue de laquelle les deux parties se sont mises d’accord sur une « feuille de route » afin de conclure, dans les 60 jours, un accord définitif.
Elles se sont également accordées sur une « ligne de communication » destinée à sécuriser le transit dans le détroit stratégique d’Ormuz où circule d’ordinaire un cinquième du pétrole mondial.
Entre temps, le vice-président des Etats-Unis JD Vance a salué les « bases très solides » jetées par ces discussions. Il s’est aussi félicité du fait que l’Iran ait, selon lui, accepté d’inviter à nouveau des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur son territoire, « premier pas » vers « l’arrêt définitif du programme d’armement nucléaire iranien ».
En parallèle, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz se poursuivait lundi à un rythme plus soutenu qu’avant l’accord entre Washington et Téhéran, selon des plateformes de suivi maritime.
A 11H00 GMT, la plateforme de suivi maritime Kpler décomptait déjà 15 franchissements de navires de transport de matières premières sur la matinée. Vers 15H30 GMT (17H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, chutait de 3,70% à 77,59 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, dont c’est le dernier jour de cotation, perdait 2,47% à 74,71 dollars.
Cependant, même si la baisse pourrait se poursuivre, « les conditions ne semblent pas réunies pour un effondrement spectaculaire des prix du pétrole », juge Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com, qui s’attend à une demande plus forte afin de reconstituer les réserves stratégiques entamées et répondre aux besoins estivaux.
AFP