Des milliers de personnes se sont rassemblées d’ imanche dans la capitale kenyane, Nairobi, à l’appel d’une figure de l’opposition, une mobilisation dans le calme mais dans un climat politique délétère à moins d’un an de l’élection présidentielle.
L’opposant Edwin Sifuna apparaît comme une figure montante face au président William Ruto, alors que ce dernier, élu en 2022, se prépare à briguer un nouveau mandat en août 2027.
Âgé de 44 ans, le sénateur a su tirer parti de la colère généralisée face à la corruption et à la violence politique pour gagner en popularité, même si certains estiment qu’il est trop jeune et manque d’expérience pour occuper la plus haute fonction de l’État.
Son rassemblement a débuté dimanche matin par une visite dans une église du centre de Nairobi, où des centaines de partisans se sont rassemblés à l’extérieur et où un important dispositif policier a été déployé, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Le rassemblement au passage de son convoi s’est déroulé globalement dans le calme, et Edwin Sifuna a suscité des acclamations lorsqu’il a pointé sa montre du doigt, laissant entendre qu’il était temps pour William Ruto de quitter ses fonctions.
« Le Kenya l’affirme: M. Ruto, votre mandat est terminé. On dit qu’il ne devrait exercer qu’un seul mandat », a déclaré M. Sifuna.
Debout au bord de la route dans l’espoir d’apercevoir le sénateur, Joshua Kebwago, 32 ans, a dit attendre « l’arrivée de (son) président ».
« Il est là pour venir en aide aux plus démunis, réduire les impôts et le coût de la vie. Il en est capable », at-il ajouté.
Le rassemblement s’est achevé dans l’est de Nairobi, où régnait une ambiance de carnaval.
Les précédents rassemblements d’Edwin Sifuna, qui parcourt le pays depuis quelques semaines, ont été perturbés par des bandes d’hommes armés, qui ont attaqué ses partisans et des journalistes.
Les responsables politiques kényans de tous bords mobilisent des jeunes hommes pour les protéger et s’en prendre à leurs adversaires, ce qui débouche souvent sur des violences meurtrières.
Samedi, les médias locaux ont rapporté que des centaines de personnes avaient perturbé un rassemblement du vice-président Kithure Kindiki dans le comté d’Embu, au nord de Nairobi, et avaient affronté la police.
L’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a déclaré cette semaine que six personnes avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées lors d’attaques contre des réunions de la société civile et des rassemblements politiques ces derniers mois.
« Les autorités doivent briser ce cycle de violence en veillant à ce que les responsables ne puissent pas agir en toute impunité », a exhorté HRW.


