La ville-clef de Kidal, dans le nord du Mali, est désormais sous le contrôle des rebelles indépendantistes touareg et des groupes jihadistes, après leur série d’attaques coordonnées menées contre des positions stratégiques de la junte à travers le pays, ont confirmé à l’AFP un proche du gouverneur de la localité et des sources locales.
« Nous avons quitté Kidal. Nous ne sommes plus là-bas. Ce sont les jihadistes et le FLA (Front de libération de l’Azawad, NDLR) qui sont à Kidal », a déclaré à l’AFP lundi une source proche du gouverneur. Des habitants ont également confirmé à l’AFP avoir vu l’armée malienne et les mercenaires russes quitter la ville.
Ces déclarations interviennent après la revendication du contrôle « total » de la ville par les rebelles du FLA. Dimanche, le chef d’Etat-major de l’armée avait pour sa part annoncé une « réadaptation » et un « repositionnement » du dispositif militaire dans la localité d’Anéfis, située à 100 kilomètres de la ville de Kidal, lors d’une déclaration sur la chaîne publique ORTM.
Peuple historiquement nomade répartis entre plusieurs États – Mali, Niger, Algérie, Libye et Burkina Faso –, les Touareg mènent depuis des décennies des luttes armées contre leur « marginalisation », en particulier autour de Kidal, où ils se sont alliés en 2012 aux jihadistes menés par Iyad Ag Ghali, alors leader d’Ansar Dine, pour s’emparer des grandes villes du nord, avant de se séparer d’eux après des affrontements, les jihadistes chassant alors les indépendantistes.
Les deux parties se sont ces derniers mois rapprochées à la suite d’une réunion de leurs leaders pour unir leurs forces face à la junte malienne. Les rebelles touareg entretiennent en effet une proximité avec les jihadistes, incarnée par Iyad Ag Ghali, lui-même ancien chef rebelle touareg dans les années 1990 devenu fondateur et leader du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al‑Qaïda) en 2017.
Le Mali est plongé dans une grave situation sécuritaire après une série d’attaques coordonnées sans précédent, menées samedi à travers le pays contre des positions stratégiques de la junte par le JNIM allié au FLA. Le vaste pays sahélien est en proie depuis 2012 aux conflits et aux violences jihadistes.
AFP
