La recrudescence des combats au Yémen entre les forces gouvernementales et les rebelles houthis soutenus par l’Iran a entraîné le déplacement de près de 86.000 personnes, a indiqué l’ONU dimanche, soit 10.000 de plus que la veille.
« Les déplacements au Yémen, le pays le plus pauvre du monde arabe, concernent désormais 85.818 personnes », a déclaré l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué.
Samedi, l’organisation évoquait 76.000 personnes déplacées depuis la reprise des combats, en juillet.
Ces déplacements ont eu lieu sur l’ensemble de la côte ouest et dans la zone de Taëz, a précisé l’OIM.
Taëz est la région la plus durement touchée, avec quelque 56.000 personnes déplacées.
Plus de 2.000 de ces réfugiés ont fui par bateau depuis jeudi soir le Yémen vers Djibouti, a ajouté l’OIM.
Les Houthis, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, et Hodeida (ouest), ont progressé sur la côte en quelques jours, s’emparant jeudi de la ville portuaire de Mokha.
Ils ont ensuite pris le contrôle de la côte et des îles en mer Rouge, consolidant le lendemain leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, par lequel passe le trafic maritime à destination et en provenance du canal de Suez.
Les combats de ces dernières semaines ont fait des centaines de morts.
Les personnes arrivant à Djibouti — beaucoup de femmes et de jeunes enfants — ont été transportées vers un site à Obock (nord) où elles reçoivent une « assistance immédiate », a indiqué l’OIM, avertissant que « l’avantage de personnes devrait fuir à mesure que les combats s’intensifient » et que « plus de soutien est nécessaire ».
Face au Yémen, Djibouti, petit pays de la Corne de l’Afrique, borde le détroit de Bab-el-Mandeb donnant accès à la mer Rouge depuis le golfe d’Aden.
Ce passage a gagné en importance, notamment pour les exportations saoudiennes de pétrole, depuis le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.
– « Tout perdu » –
« Derrière chaque chiffre se trouve une famille qui a tout perdu », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, dans le communiqué.
« Beaucoup ont été déplacées à de multiples reprises. Des personnes traversent la mer sans rien, parce qu’elles n’ont plus d’autre choix », at-elle ajouté.
« J’appelle les donateurs à renforcer immédiatement leur soutien, pour ceux qui arrivent à Djibouti et pour les communautés d’Obock qui les accueillent », at-elle exhorté.
Après des années d’accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional qui a éclaté fin février par l’offensive américaine-israélienne contre l’Iran.
Sur ses seulement 23.000 km2, Djibouti accueille des bases militaires de cinq puissances (France, Etats-Unis, Chine, Japon, Italie), engendrant d’importants bénéfices financiers, mais aussi sécuritaires et politiques.


