Des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont attaqué jeudi le camp militaire de Dioura, base stratégique de l’armée malienne dans le centre, la riposte de l’armée étant toujours en cours dans la soirée, selon l’armée malienne et des sources locales.
Fin avril, le Jnim et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) à dominante touareg ont lancé une série d’attaques coordonnées à travers le pays, s’emparant notamment de la ville clef de Kidal (nord) et tuant le ministre de la Défense à Bamako.
Dans un communiqué publié jeudi soir, les FAMa (Forces armées maliennes) ont indiqué « poursuivre les opérations aéroterrestres engagées contre les assaillants » après l’attaque du camp de Dioura situé dans la région de Mopti (centre).
Les « FAMa » annoncent un bilan provisoire « de plusieurs dizaines de terroristes neutralisés » et de « plusieurs pick-ups détruits ».
Un bilan que l’AFP n’a pas pu vérifier de source indépendante.
L’armée malienne annonce également dans ce communiqué avoir « traité avec succès » jeudi deux « bases de groupes armés terroristes » dans la région de San (centre), affirmant que ces groupes étaient impliqués dans des attaques récentes dans cette région.
Plus tôt jeudi, le colonel-major Bakary Bocar Maïga, directeur du service des relations publiques des armées, avait qualifié lors d’un point de presse l’attaque par le Jnim du camp de Dioura de « complexe », estimant que « les vecteurs aériens et terrestres des « FAMA » (avaient) rigoureusement réagis ».
Jeudi matin, de violents combats ont éclaté autour de cette importante caserne du centre du pays. Le camp de Dioura constitue une base avancée importante pour les opérations de l’armée dans la zone.
« Nos positions étaient sous le feu ce matin, mais la situation est désormais sous contrôle avec l’appui de nos partenaires (Africa Corps, NDLR). Le camp était occupé uniquement par nos forces », avait affirmé à l’AFP un officier de l’armée basé à Mopti.
– « Ça tirait sans arrêt » –
Sur place, des habitants contactés par l’AFP avaient fait état de combats intenses et d’une situation confuse.
« Nous avons entendu les tirs tôt le matin. Ça tirait sans arrêt. Ensuite, quelques instants après, nous avons vu passer des pickups de l’armée à vive allure se diriger vers la sortie de la ville, en provenance du camp », a raconté un habitant sous couvert d’anonymat.
De son côté, un autre habitant a affirmé que « les assaillants étaient dans le camp ». « Nous ignorons le bilan, mais il y a quelques minutes, nous avons aperçu l’aviation malienne en train de survoler les alentours », at-il relevé.
Pour sa part, le Jnim a rapidement revendiqué le « contrôle total d’une caserne de l’armée malienne dans la ville de Dioura ce matin », via ses canaux de communication habituels.
Ce camp militaire de Dioura a déjà été attaqué à plusieurs reprises ces dernières années par les jihadistes du Jnim et par le Fla.
En mai 2025, le groupe jihadiste avait notamment revendiqué et avoir infligé la perte d’une quarantaine de soldats à l’armée malienne.
Le Mali est en proie à une grave crise sécuritaire depuis 2012, alimentée notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe jihadiste État islamique, ainsi que par des bandes criminelles locales et des séparatistes.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le pays est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale, mais qui peinent à y parvenir.

