Ebola : l’OMS évoque un risque épidémique « élevé » en Afrique centrale, mais « faible » au niveau mondial

Le risque épidémique de la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo a été jugé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant « élevé » pour l’Afrique centrale, mais « faible » au niveau mondial.

« L’OMS a évalué le risque épidémique comme étant élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial », a déclaré devant la presse à Genève le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au lendemain de la tenue d’un comité d’urgence sur cette épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC.Ce comité d’urgence, chargé d’émettre des recommandations aux Etats, a confirmé qu’à ce stade l’épidémie « ne répond pas » aux critères d’une urgence pandémique, confirmant le constat précédemment communiqué par la direction de l’OMS.Selon l’organisation, l’épidémie d’Ebola, déjà suspectée d’avoir fait 139 morts pour près de 600 cas probables, se propage dans l’est de la RDC et pourrait se prolonger. Ebola provoque une fièvre hémorragique très meurtrière, mais le virus, qui a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années, est relativement moins contagieux par exemple que le Covid ou la rougeole.

L’OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à cette nouvelle flambée d’Ebola en RDC, le 17e dans ce vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants. Mardi, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait pointé du doigt la lenteur de l’OMS, qui avait, selon lui, « un peu tardé » pour identifier l’épidémie.

« ll pourrait s’agir d’une méconnaissance du fonctionnement du RSI (Règlement sanitaire international, ndlr) et des responsabilités de l’OMS et des autres entités. Nous ne nous substituons pas à leur travail, nous les soutenons. C’est pourquoi il pourrait y avoir un certain manque de compréhension », a répondu mardi Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le premier cas identifié à ce stade est un infirmier qui s’était présenté le 24 avril dans un centre de soins de Bunia, capitale de l’Ituri. Mais le foyer de l’épidémie a été localisé à environ 90km de là, dans la zone de santé de Mongbwalu, laissant penser que l’épidémie serait partie de cette localité et que les cas pourraient ensuite migrer.

L’OMS a été alertée de l’apparition d’une maladie à forte mortalité le 5 mai, un premier cas a été testé positif le 15, et l’organisation a décrété l’urgence de santé internationale deux jours plus tard. « Vu l’ampleur du problème, nous pensons que (l’épidémie) a probablement commencé il ya quelques mois, mais les enquêtes sont en cours », a déclaré mercredi à Genève Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS.

Aujourd’hui « notre priorité est vraiment de briser la chaîne de transmission en mettant en œuvre le traçage des contacts, l’isolement et la prise en charge de tous les cas suspects et confirmés », at-elle ajouté.

AFP

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