Le Sénégal a raison de ne pas recourir à la restructuration de sa dette, selon l’économiste belge Éric Toussaint

L’économiste et historien belge Éric Toussaint, porte-parole du réseau international du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes, encourage les autorités sénégalaises à ne pas procéder à une restructuration de la dette du pays, les exigences du Fonds monétaire international (FMI) étant, à son avis, contraires aux intérêts du pays.

‘’Les autorités du Sénégal, à savoir le gouvernement et l’Assemblée nationale, ont tout à fait raison de dire que la proposition du FMI de restructurer la dette […] est contraire aux intérêts du pays’’, a-t-il soutenu, mercredi, à Dakar. M. Toussaint participait à une conférence internationale sur ‘’la crise de la dette au Sénégal’’.

‘’Le Fmi impose, quand il restructure une dette, des conditionnalités qui vont à l’encontre des intérêts des pays’’, a argué l’économiste belge.

Une restructuration de la dette va conduire le Sénégal à des privatisations, à une augmentation des taxes à payer par les citoyens sénégalais et à une exposition des agriculteurs locaux à une forte concurrence des exportateurs de produits agricoles d’autres pays, a-t-il fait valoir.

Pour toutes ces raisons, Éric Toussaint soutient que ‘’les autorités sénégalaises ont bien fait d’insister sur le droit qu’a le Sénégal de […] trouver [à la crise de la dette] une solution qui puisse convenir à ses citoyens’’. ‘’Il faut procéder à un audit des dettes réclamées au pays, avec la participation des citoyens du Sénégal’’, a proposé M. Toussaint. ‘’Les dettes contractées servent à rembourser d’anciennes dettes, qui ont un caractère odieux ou illégitime’’, a-t-il déclaré.

Un audit de la dette, auquel participent les citoyens sénégalais, devrait permettre aux autorités du pays de prendre la bonne résolution, laquelle consiste à ‘’ne pas payer les dettes illégitimes et à continuer de rembourser les dettes qui seraient justifiées’’, a suggéré l’économiste belge.

Les autorités actuelles du Sénégal disent avoir découvert des engagements financiers pris mais n’étant pas rendus publics par les ex-dirigeants du pays entre 2019 et 2024, ce que l’ex-président de la République, Macky Sall, a nié. À cause de ces engagements, le taux d’endettement du Sénégal a atteint 132 % du produit intérieur brut, d’après elles.

Les négociations entre le FMI et le Sénégal se poursuivent. Des officiels sénégalais, dont le directeur de la dette au ministère des Finances et du Budget, Alioune Diouf, ont rencontré les dirigeants de l’institution financière, fin avril, à Washington.

APS

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