Des responsables iraniens et américains ont entamé samedi à Islamabad des négociations directes pour tenter, malgré de nombreuses incertitudes, d’obtenir un rêve durable à une guerre qui ébranle l’économie mondiale.
Ces discussions, à un niveau sans précédent entre les deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979, se déroulent selon la Maison Blanche sous un format trilatéral, en présence de responsables du Pakistan qui ont facilité la conclusion d’un cessez-le-feu de deux semaines, entré en vigueur mercredi.
En soirée, la télévision d’Etat iranienne a affirmé que deux séances s’étaient déjà déroulées et qu’une troisième se tiendrait « probablement ce soir ou demain » dimanche, sans davantage d’éléments sur le fond. La Maison Blanche s’est bornée à dire que les pourparlers étaient « en cours ».
– Ambiance « cordiale » –
Un responsable pakistanais a assuré que « les pourparlers progressent dans la bonne direction ». « L’ambiance générale est cordiale », at-il ajouté à l’AFP sous couvert d’anonymat.
Côté américain, la délégation est dirigée par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump. L’Iran est notamment représenté à Islamabad par son influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Pour Trita Parsi, analyste du groupe de réflexion de Washington « Quincy Institute for Responsible Statecraft » et spécialiste du dossier, « le niveau de responsabilité et l’étendue de la délégation iranienne, qui inclut le directeur de la Banque centrale, montre autant la sincérité de Téhéran dans ces négociations que ses attentes et sa confiance ».
« Jamais auparavant les Iraniens n’ont négocié avec les Etats-Unis avec autant d’atouts, et ils ont clairement l’intention de les exploiter au maximum », a-t-il déclaré.
Parmi les moyens de pression dont dispose Téhéran figure le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement en hydrocarbures, de facto bloqué depuis le début du conflit, avec des conséquences en cascade sur l’économie mondiale, entre pénuries et hausses de prix.
Les forces armées américaines ont annoncé samedi que deux bâtiments de leur marine avaient franchi la voie maritime dans une opération préalable à son déminage, quelques heures après que M. Trump avait assuré que son pays avait commencé « le processus de déblocage » du détroit. Un haut responsable militaire iranien a démenti un tel passage.
AFP
