Le président Abdoulaye Wade a le 29 mai cent ans d’existence. Un siècle que le libéral opposant dès les premières années d’indépendance avec Léopold Senghor a marqué la vie politique sénégalaise. Il fut l’un des opposants qui a trouvé des astuces dans un contexte post indépendance pour créer un parti politique. De parti de contribution en 1974, Wade sorti du militantisme socialiste a commencé à prendre ses distances vis à vis du parti unique. De manière progressive, il parvient à trouver des subterfuges pour échapper au règne dictatorial de Léopold Senghor. En c’est en 1978 qu’il marqua ainsi l’histoire politique sénégalaise avec sa participation à une élection avec des députés issus de ses rangs, du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Et c’est le début d’une opposition farouche sur scène.
L’histoire du président Abdoulaye Wade reflète le parcours du professeur et homme de droit. Car après la démission de Léopold Sédar Senghor en 1981 pour passer le flambeau au Premier ministre Abdou Diouf à la tête du régime, Abdoulaye Wade haussait le ton dans son opposition avec le pouvoir.
Les échanges avec le régime de Diouf devenaient très heurtés. Ainsi aux toutes premières élections présidentielles sous son régime, Abdoulaye Wade conteste les résultats de ces élections. Depuis lors, il accentuait la pression dans les rues en mobilisant la jeunesse où il puisait sa force.
D’années en années, le Sénégal se trouvait dans une sorte de spirale de confrontations post électorales. En 1993, le Sénégal atteignait le sommum de contestation avec comme conséquence la mort du vice président du Conseil Constitutionnel, Babacar Seye. Abdoulaye Wade fut arrêté et jugé en compagnie des complices. Ils sont condamnés, mais Wade fut gracié pour sortir de prison.
Depuis lors, il fut le maître incontesté de la rue où ses appels furent entendus par toute une jeunesse. L’éducation fut alors paralysée régulièrement avec les grèves entraînant même en 1988 l’année blanche. L’ancien tenant du pouvoir, Abdou Diouf était obligé de négocier avec lui pour des arrangements afin de faire marcher l’école sénégalaise très affectée par les mouvements des élèves et étudiants.
Il s’accordait alors avec le président Abdou Diouf pour ses entrées dans le gouvernement et quittait à l’approche d’élections. Par deux fois de suite, Abdou Wade se rendait compte ddu fonctionnement de l’Etat. Puisqu’il occupait les fonctions de Ministre d’Etat sans porte feuille, une sorte de conseiller à Diouf. Il entrait dans le gouvernement Diouf avec ses ministres qui occupaient des départements importants. C’est de là où fut discuté le code électoral consensuel de 1993 appelé le code Keba Mbaye.
Entre 1999 et 2000 Abdoulaye Wade allait s’installer en France laissant ses lieutenants poursuivre la vie de partie. Ces derniers tenaient la dragée haute avec d’autres partis de l’opposition réunis autour de la candidature consensuelle de Wade, en sa qualité d’opposant expérimenté. Et à l’approche de l’élection présidentielle, les leader de l’opposition, Abdoulaye Bathily (LD/MPT), Landing Savane (AJ/PADS), Amath Dansokho (PIT) et Idrissa Seck et autres (PDS) allaient le chercher à Paris pour battre la campagne. Abdoulaye Wade fut élu président de la République après le deuxième tour, placé deuxième derrière Abdou Diouf. Et au second tour, il fut rallié par Moustapha Niasse, dissident du Parti Socialiste et de Diouf remportant ainsi la présidentielle de 2000. Et c’est la première alternance à la tête de l’Etat du Sénégal. Abdoulaye Wade dirigeait le pays pendant douze ans avant d’être battu par Macky Sall, son ancien Premier ministre et ancien directeur de campagne. Cet échec est dû à sa représentation pour un troisième mandat et ensuite sa tentative de modifier la Constitution pour introduire le ticket de vice-président. Les Sénégalais sous la houlette des opposants, compagnons d’avant devenus ennemis après, voyaient la création d’un poste pour installer son fils Karim Wade. C’est ainsi qu’il est sorti en perdant les élections également après deux tours.
Après, Abdoulaye Wade a refusé de se retirer de la vie politique, puisqu’il a fait campagne pour les élections municipales et législatives. Des élections qu’ils a perdues, puisque Macky Sall et sa nouvelle coalition ont gardé la majorité.
Depuis lors, Wade vivait mal du fait de la reddition des comptes par Macky Sall qui a trouvé son fils en bouc émissaire de la mauvaise gestion du régime libéral. Karim Wade fut arrêté et condamné, puis exilé au Qatar grâce à une médiation de l’émir. Une situation que le président Wade a mal vécu et a entamé des hostilités sur Macky Sall qu’il a caractérisé de tous les noms ainsi que sa famille.
Mais les médiations ont fait que Wade finit par accepter le sort de son fils et prit la décision de s’installer dans l’hexagone. Depuis lors., le président centenaire y vit et fait des aller et retour entre la France et le Sénégal.
C’est celui-là que le Sénégal, l’Afrique voire le monde entier commémore son centenaire. Lui qui a marqué le Sénégal et le continent par son idéologie panafricaniste.
Wade est donc un combattant infatigable qui inspire la jeunesse d’aujourd’hui du monde entier, particulièrement du Sénégal.
