Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a présenté, samedi, à Ziguinchor (sud), ses condoléances aux familles des soldats décédés récemment dans cette région, en même temps qu’il a lancé un appel à la préservation de la paix dans cette partie du pays.
L’État ne ménagera aucun effort pour garantir l’intégrité du territoire national, a-t-il laissé entendre après la prière de l’Aïd el-Fitr (Korité), à la mosquée HLM de Ziguinchor.
Les autorités sénégalaises prônent ‘’le consensus et la paix’’, a-t-il dit.
Le 12 mars dernier, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) du Sénégal a annoncé la mort d’un militaire et signalé que six autres avaient été blessés lors de la destruction de champs de chanvre indien à Kadialock, dans la région de Ziguinchor.
Cinq jours plus tard, trois militaires ont péri dans une ‘’explosion accidentelle’’ survenue dans le Nord-Sindian (région de Ziguinchor), selon la DIRPA. Elle a annoncé que trois autres militaires avaient été blessés dans cette ‘’explosion’’.
Les trois régions constituant la Casamance sont le théâtre de l’un des plus vieux conflits d’Afrique. Les indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance y ont pris le maquis après la répression d’une marche, par les pouvoirs publics sénégalais, en décembre 1982.
Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l’économie de cette partie du Sénégal, le conflit ne cesse de baisser d’intensité depuis plusieurs années. En 2020, l’armée nationale a mené des opérations d’envergure pour neutraliser les bases rebelles et faciliter le retour des personnes déplacées à leur lieu d’habitation.
Selon Ousmane Sonko, les violences signalées dans cette partie du pays ne résultent plus de revendications indépendantistes mais d’activités liées à la culture illicite de cannabis.
Il assure que les forces de défense et de sécurité poursuivront les opérations de démantèlement des bandes à l’origine de ces activités.
Le Premier ministre a invité les groupes armés à renoncer au maquis et à réintégrer la vie civile.
Il recommande aux Sénégalais, par ailleurs, de ‘’bâtir une économie souveraine, de réduire la dépendance [envers d’autres pays, pour certains produits de consommation] et de faire en sorte que la croissance profite davantage au pays’’.
La dette extérieure du pays, qui s’élève à 132 % du produit intérieur brut, réduit les marges de manœuvre de l’État, a rappelé M. Sonko, tout en assurant que des efforts importants ont été fournis pour stabiliser les finances publiques et améliorer les conditions de vie des Sénégalais.
Il préconise une application ‘’équitable et transparente’’ de la loi, sans laquelle il ne peut pas y avoir, à son avis, de développement et d’attractivité économique.
APS