Le Liberia accepte d’accueillir « temporairement et pour des raisons humanitaires » un Salvadorien menacé d’expulsion des USA, devenu un symbole de la politique migratoire répressive de Donald Trump, a annoncé la présidence libérienne.
Le gouvernement américain a annoncé vouloir expulser vers le Liberia, république ouest-africaine fondée en 1822 sous l’impulsion des Etats-Unis pour des esclaves noirs affranchis, Kilmar Abrego Garcia, selon des documents judiciaires rendus publics vendredi.
Kilmar Abrego Garcia avait été expulsé en mars vers le Salvador pour appartenance présumée au gang du MS-13, impliqué dans le trafic d’autres migrants sans papiers.
Le gouvernement Trump avait reconnu une « erreur administrative » au sujet de cet habitant de l’Etat du Maryland sur la côte Atlantique, marié à une Américaine.
Un arrêté d’expulsion à l’encontre de M. Garcia vers le Salvador avait en effet été définitivement annulé en 2019.
Il avait finalement été ramené aux Etats-Unis en juin, mais le gouvernement américain avait aussitôt lancé des poursuites à son encontre pour aide au séjour illégal de migrants.
« Le gouvernement de la République du Liberia a annoncé sa décision de recevoir M. Kilmar Armando Abrego Garcia sur une base strictement humanitaire et temporaire à la suite d’une demande officielle du gouvernement des Etats-Unis », indique un communiqué de la présidence libérienne.
« Cette décision a été prise à l’issue de consultations approfondies avec les pays concernés et les parties prenantes internationales », selon les termes du communiqué.
« Le processus sera entrepris en étroite coordination avec les autorités libériennes compétentes en matière de sécurité, d’immigration et de justice, ainsi qu’avec les partenaires internationaux (pour) garantir les normes les plus élevées de sécurité, de transparence et de traitement humain », selon les termes du communiqué.
Monrovia affirme en outre que la décision sera mise en oeuvre avec « une assurance de non-refoulement, garantissant à M. Garcia qu’il ne sera renvoyé dans aucun pays où il pourrait courir un risque important de persécution, de torture ou d’autres préjudices ».
Le gouvernement Trump, qui applique actuellement une politique d’expulsions massives de migrants sur tout le territoire américain, avait annoncé son intention de l’expulser vers l’Ouganda, une décision bloquée par un juge fédéral.
Dans des documents judiciaires publiés vendredi, les avocats du gouvernement américain affirment avoir retenu le Liberia comme lieu d' »expulsion », car il ne figurait pas sur la liste des pays que les avocats d’Abrego Garcia avaient rejetés d’emblée.
« Le Liberia est une démocratie florissante et l’un des partenaires les plus proches des Etats-Unis sur le continent africain », assure le gouvernement dans sa requête déposée devant un tribunal fédéral du Maryland, précisant que l’expulsion pourrait avoir lieu « dès le 31 octobre ».
L’avocat d’Abrego Garcia, Simon Sandoval-Moshenberg, a déclaré que la police de l’immigration (ICE) cherchait à expulser son client « vers le Liberia, un pays avec lequel il n’a aucun lien, à des milliers de kilomètres de sa famille et de son domicile dans le Maryland », dans un communiqué publié sur le site de son cabinet d’avocats.