Depuis, la junte a organisé fin août un référendum constitutionnel qui a fait passer le pays à un régime présidentiel fort, remplaçant le système semi-parlementaire.
L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, notamment le PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance en 1974, qui avait dénoncé l’organisation d’un référendum « dans un contexte de restriction des libertés publiques ».
– Volatilité –
Jeudi, la vice-présidente de la Commission nationale électorale (CNE), Felisberta Moura Vaz, a expliqué avoir été convoquée par le président de la Transition et chef de la junte au pouvoir, le général Horta N’Tam, pour « entendre (notre) opinion sur les possibilités de respect de la date du 6 décembre ».
« Nous lui avons dit que, techniquement, les conditions ne seront pas réunies pour organiser des élections » à cette date, a-t-elle déclaré à la presse à l’issue de l’audience.
Interrogée par des journalistes sur la possibilité du report de ces élections, la responsable a répondu: « Je ne dirai pas que les élections seront reportées. Cela est de la compétence du président de la Transition ».
Jeudi matin, le Premier ministre bissau-guinéen Ilidio Vieira Té a lui aussi rencontré en audience le général Horta N’Tam. « A ce jour, aucun parti politique n’est encore dans des conditions idéales pour aller aux élections », a déclaré à la presse le Premier ministre à l’issue de la rencontre.
« La direction de la plupart de ces partis est caduque. Ce qui nécessite un renouvellement des instances de base. Donc comme vous voyez, les conditions d’organiser des élections fiables ne sont pas réunies », a-t-il estimé.
Ce pays lusophone côtier situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry) avait, avant le coup d’État du 26 novembre 2025, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal.
Le pays connaît une volatilité accrue depuis ces dernières semaines. Mercredi, le général Horta N’Tam avait appelé les éléments de la garde présidentielle, réputée proche de M. Embalo, à « rendre les armes (…) de manière volontaire ».
M. Embalo, en exil depuis novembre 2025, avait initialement prévu de faire un retour de quelques heures au pays pour rencontrer ses partisans le 4 octobre. Mais quelques jours avant son retour annoncé, la junte avait fait savoir que les « conditions de sécurité » n’étaient pas réunies pour ce retour.
En novembre 2025, de nombreux observateurs ont soupçonné M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre, mais la junte a récemment pris plusieurs mesures semblant prendre ses distances avec l’ancien président.
Samedi, d’anciens dirigeants africains, diplomates, universitaires et acteurs de la société civile ont appelé dans une lettre ouverte la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à prendre une « initiative urgente » pour favoriser le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.
Les auteurs de la lettre ont appelé l’organisation ouest-africaine à « établir un calendrier politique crédible, assorti de garanties concrètes en matière de libertés publiques, de pluralisme, de participation de toutes les forces politiques et d’indépendance et de transparence de l’administration électorale. »
AFP

