La Chine a indiqué jeudi avoir nommé une candidate à la tête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour succéder au directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le mandat s’achève en août 2027.
Pékin reste toutefois loin de figurer parmi les premiers contributeurs au titre des contributions volontaires, principale source de financement de l’organisation.
« La candidature du Dr Song Li témoigne de la volonté active de la Chine de collaborer étroitement avec toutes les parties pour promouvoir conjointement l’édification d’une communauté de santé pour l’humanité, et démontre son soutien ferme au multilatéralisme ainsi qu’à l’Organisation mondiale de la Santé », a dit Mao Ning lors d’un point de presse régulier.
Une biographie sur le site internet de l’Oms la présente comme la responsable du département de la santé des femmes et des enfants au sein de la Commission nationale de la santé de Chine, forte d’une carrière de 21 ans.
Toutefois, les médias chinois indiquent qu’elle a entre-temps pris des fonctions au sein de la Fédération des femmes de toute la Chine — une organisation du Parti communiste chinois — qui la répertorie en tant que secrétaire.
Si elle était élue, elle serait la deuxième ressortissante chinoise à diriger l’Oms, après Margaret Chan (2007-2017). Donald Trump avait dénoncé « l’échec » de l’Oms dans la lutte contre la pandémie de Covid, qualifiant l’organisation de « marionnette de la Chine ».
À la tête de l’Oms depuis 2017 et reconduit en 2022, Tedros Adhanom Ghebreyesus ne peut exercer qu’un maximum de deux mandats. Le processus en vue de sa succession a débuté en avril 2026. Les candidatures devaient être déposées avant le 24 septembre, mais Pékin n’avait pas révélé avoir fait acte de candidature jusqu’alors.
– Les autres candidats –
Budget réduit de plus de 20%, des centaines d’emplois supprimés, des programmes réduits, l’Oms a dû se réformer en profondeur dans l’urgence l’an dernier, fragilisée par les coupes budgétaires dans l’aide multilatérale et le retrait américain.
Depuis plusieurs mois, le chef de l’Oms assure toutefois que l’organisation a achevé son processus de redéfinition de ses priorités et qu’elle est « stabilisée ». La liste complète des candidats sera publiée début novembre. Ceux qui le souhaitent peuvent toutefois déjà s’annoncer sur le site de l’Oms.
Jusqu’à présent, seuls six candidats sont déclarés sur le site de l’Oms. Parmi les candidats figurent le Belge Hans Kluge, à la tête de l’Oms Europe depuis 2020, l’Espagnole Maria Neira, ancienne responsable de l’environnement et de la santé à l’Oms, et la Saoudienne Hanan Balkhy, cheffe de l’Oms pour la Méditerranée orientale depuis 2024.
S’ajoutent Hanan Mohammed Al-Kuwari, ancienne ministre de la Santé du Qatar, et l’Indonésien Budi Gunadi Sadikin, qui occupe toujours ce poste dans son pays et a également dirigé la banque publique Mandiri.
Gevorg Tamamyan, oncologue et hématologue pédiatrique arménien, est également candidat, proposé par le Botswana. Le Conseil exécutif de l’OMS désignera un maximum de trois candidats ou candidates à soumettre à l’Assemblée mondiale de la Santé, qui choisira en mai 2027.
AFP

