Quelque 35.000 fidèles s’étaient rassemblés dans l’édifice et dans les zones proches du centre-ville, selon le Vatican citant une estimation des autorités locales. Soit une foule plutôt modeste, sans commune mesure avec les marées humaines observées à Paris et à Lourdes.
« Merci à tous! (…) Chers amis, continuons à marcher ensemble », a dit le souverain pontife à l’issue de la cérémonie, dans sa dernière intervention publique, avant que la maîtrise de la cathédrale n’interprète le « Alléluia » de Haendel.
Il a quitté la cathédrale sous les acclamations de la foule qui a repris « Ce n’est qu’un au revoir ».
Léon XIV a prononcé un « très beau sermon sur la paix, sur le pouvoir du pardon », s’émeut Barbara Haugg, 53 ans, qui a parcouru 200 kilomètres depuis Eupen en Belgique. « Malheureusement ce sont des petites gens qui l’entendent et pas les preneurs de décision », regrette-t-elle.
Avec ce voyage de quatre jours, le pape a offert « un vrai cadeau » à la France, juge de son côté Dorota, une policière venue hors service. « Un cadeau de paix. Des messages pour apporter de la joie et du réconfort pour tous les gens », résume-t-elle.
– « Désarmer les coeurs » –
Dans la matinée, le pontife américain a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques – en l’absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’UE, pourtant invités par l’Elysée.
Blâmant des « relations humaines, et entre les États, de plus en plus barbares », il a regretté que l’on « se vante plutôt du mensonge et de la tromperie » et exhorté en conséquence l’Europe à « mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver ».
Léon XIV n’a fait référence à aucun dirigeant ni à aucun pays, mais le premier pape américain entretient des relations notoirement mauvaises avec Donald Trump, qui l’a qualifié en avril de « nul » en politique étrangère.
Quand le président des Etats-Unis accuse l’UE d’avoir été créée pour « arnaquer » les Etats-Unis, le souverain pontife a rendu à Metz un hommage appuyé à Robert Schuman, l’un des pères de la construction européenne, inhumé non loin de là.
L’Europe doit retrouver « le courage de ses fondateurs (…) le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent », a lancé de son côté M. Macron.
Auparavant, le pape, aux côtés de représentants d’autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait « désarmer les coeurs » et qu’invoquer Dieu pour « légitimer la violence ou l’oppression » équivalait à une « profanation ».
Les représentants de différents cultes en France – islam, judaïsme, protestantisme, orthodoxie, bouddhisme – ont signé un « Appel de Metz », déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.
– 1,3 million de fidèles –
Accueilli dans une immense ferveur depuis vendredi, à Paris puis Lourdes, Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité.
Lors de ce premier séjour en France, pays d’origine de sa grand-mère, Robert Francis Prevost a lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l’intelligence artificielle en se méfiant de l’avènement d’un « paradis de machines ».
Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l’Eglise, le pape a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à « poursuivre » leur action face au « fléau » des violences sexuelles « en maintenant la plus grande vigilance ». Il a rencontré pendant deux heures à huis clos plusieurs victimes.
Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France : Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d’immenses foules sur son passage, signe d’une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l’Eglise catholique. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.
AFP

