Un navire de sauvetage affrété par l’Etat, le Ridens, a récupéré tous les passagers à leur demande, a précisé la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Prémar).
Parmi les 105 passagers de l’embarcation, trois étaient décédés, selon la Prémar et le préfet du Pas-de-Calais.
Il s’agit de deux femmes d’une trentaine d’années et d’un enfant de dix ans, probablement un Érythréen, a précisé M. Lauch. Les victimes ont « vraisemblablement » été écrasées dans la cohue du bateau particulièrement chargé, selon lui.
La mère de l’enfant décédé et « vraisemblablement des membres de la fratrie » étaient présents à bord, a-t-il ajouté. Huit passagers ont été pris en charge pour « un traumatisme psychologique ».
Ces trois nouveaux morts portent à 22 le nombre de personnes décédées depuis le début de l’année en tentant de traverser clandestinement la Manche, selon un décompte de l’Afp établi à partir de données officielles.
Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire et mise en danger, a déclaré lundi la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.
Les rescapés ont été débarqués en milieu de matinée au port de Calais, a constaté un correspondant de l’Afp. Certains descendaient en civière ou en chaise roulante, couverts d’une couverture de survie.
« Encore une fois, devoir aller sur un quai pour constater qu’il y a deux jeunes femmes, un petit garçon de dix ans », morts alors qu’il y a « sa maman qui est là, la famille autour, je peux vous dire que ce sont des drames qui laissent forcément des traces », a commenté la maire de Calais Natacha Bouchart (DVD).
« Ces cinq derniers jours, on a vu arriver des vagues de 100, 150 personnes migrantes avec beaucoup de femmes et de petits-enfants, bébés avec le gilet de sauvetage, et ce qui est désolant, c’est qu’à ce moment-là, on ne peut rien faire », a déploré l’élue, réclamant le rétablissement d’un « délit de séjour irrégulier » sur le littoral.
– Dangereux « taxi-boats » –
Trois corps avaient déjà été retrouvés la semaine dernière après des départs chaotiques d’embarcations clandestines dans le Pas-de-Calais. « Ces journées d’automne, au moment où la météo est encore favorable mais pour autant la mer commence à devenir dangereuse » est une période où « les traversées sont les plus dangereuses », a souligné lundi le préfet Lauch.
« On est dans les dernières longues fenêtres de l’été, où énormément de personnes essaient de passer avant que l’hiver n’arrive », avec des risques accrus, a rappelé Victor Meyer, coordinateur pour l’association d’aide aux migrants Utopia 56.
« Malheureusement, les politiques les poussent toujours à prendre plus de risques », a estimé M. Meyer. « Il y a de plus en plus de précipitations » (…), « des bateaux encore plus chargés avec des départs qui se font toujours plus loin ».
Le nombre d’arrivées recule cependant nettement, avec 19.135 personnes arrivées au Royaume-Uni après une traversée clandestine depuis le début de l’année, soit une baisse de plus de 42% par rapport à la même période en 2025, selon les derniers chiffres officiels britanniques.
Depuis le début de l’année dans le Pas-de-Calais, 13 réseaux de passeurs ont été démantelés et 174 personnes interpellées, souligne la préfecture. « On arrive à empêcher 60% des départs, on est à (…) 55% en moins en nombre de personnes qui partent », a fait valoir lundi M. Lauch.
« On a des difficultés sur les taxi-boats », a-t-il toutefois reconnu, tout en précisant que le canot dans lequel les trois migrants sont morts lundi n’en était pas un.
Cette technique des passeurs consiste à faire arriver les canots clandestins par la mer, pour récupérer les migrants directement dans l’eau en évitant les forces de l’ordre à terre. Les passeurs « modifient leurs méthodes et nous devons adapter les nôtres pour (les) contrer », a déclaré vendredi le Premier ministre britannique Andy Burnham, alors que le sujet est central dans le débat politique outre-Manche.
AFP

