Donald Trump a développé mardi à l’Onu son argumentaire nationaliste habituel, et menacé d’anéantir » l’Iran si besoin, mais le président américain, fragilisé politiquement chez lui, n’a pas montré la même agressivité que l’an dernier.
Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a certes menacé l’Iran, mais a ajouté : « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux Etats-Unis en novembre.
Sur une autre guerre qu’il avait promis de régler rapidement, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le président américain a -encore une fois- assuré qu’un accord serait trouvé « plus tôt qu’on ne le pense ».
« Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d’autres ignorent les menaces, j’y fais face. (…) Quand d’autres ont promis la force, je l’ai utilisé pour faire de l’Amérique le plus puissant pays du monde », a assuré le républicain de 80 ans, en chute dans les sondages à cause d’un mécontentement général sur son bilan, notamment économique.
Donald Trump, de manière inhabituelle, a suivi son prompteur. Pas de nouvelle édition des attaques virulentes surviennent l’an dernier par une panne de ce dispositif, ou un problème d’escalator qui l’avait ulcéré.
C’est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l' »Amérique d’abord » a affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait « tomber ».
– « Super intelligence » –
Donald Trump a également défendu sans hésitation le développement de l’intelligence artificielle, annonçant que les documents officiels américains allaient abandonner cette terminologie au profit de la « super intelligence ».
Il s’est également opposé à tout « projet mondialisé » de régulation de cette technologie, qui inquiète beaucoup ses concitoyens.
Le président américain a repris ses critiques contre la gouvernance internationale, en appelant tous les Etats membres à se retirer de la Cour pénale internationale, et fustigeant entre autres l’Unesco.
Le champion de « l’Amérique d’abord » poursuit son programme mardi avec une cérémonie de signature officielle de l’accord sur le Groenland, épilogue d’une saga diplomatique ayant viré par moments à la crise ouverte avec les Européens face aux revendications américaines sur ce vaste territoire arctique.
Le président américain aura également un tête-à-tête avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine depuis la capture de Nicolas Maduro par Washington en janvier.
Le milliardaire doit aussi rencontrer dans la journée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
A la tribune de l’Onu, la journée s’était ouverte par le dernier discours, très sombre, du secrétaire général Antonio Guterres, dont le deuxième mandat de cinq ans arrivera à échéance en décembre.
Il a accusé les géants pétroliers d’avoir traité l’atmosphère comme « une décharge à ciel ouvert ».
A la veille d’un Conseil de sécurité sur l’Intelligence artificielle, il a également exhorté les Etats-Unis et la Chine à « coopérer », quelques jours après avoir plaidé pour une « coordination mondiale ».
– « Nettoyage ethnique » –
Le chef de l’Onu a également remis un coup de projecteur sur la situation des Palestiniens, évoquant « le spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée où les violences de colons extrémistes israéliens se sont intensifiées ces derniers mois.
Citant la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, le Portugais de 77 ans avait récemment fait le constat amer que « chaque jour, les choses empirent un peu ». « Il n’y a aucune nulle part », avait-il insisté, lâchant même qu’il n’avait « aucun pouvoir ».
S’exprimant après M. Guterres, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s’est engagé à empêcher les « ennemis de la démocratie », tant étrangers que nationaux, d’influencer les prochaines élections au Brésil, alors que la tension monte avec Washington au sujet d’une ingérence présumée dans ce examen.
Le chef de l’Etat de gauche brigue un nouveau mandat à la présidentielle d’octobre face au candidat de droite Flavio Bolsonaro, allié de Donald Trump. Les sondages pronostiquent un second tour serré entre les deux.
Emmanuel Macron, qui prendra la parole pour la dernière fois en tant que président, aura lui forcément à cœur de défendre l’engagement de la France en faveur du multilatéralisme.
« Le temps n’est pas venu du bilan, ni en matière nationale, ni en matière internationale », a prévenu la présidence française.
AFP
