Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a appelé, mardi, lors de la cérémonie officielle du Gamou de Tivaouane, les Sénégalais à préserver la paix, la cohésion nationale et le vivre-ensemble.
Mouhamadou Makhtar a invité les Sénégalais à œuvrer à la préservation de la paix, en s’inspirant davantage de l’héritage spirituel et moral de Seydi El Hadji Malick Sy, figure majeure de la Tijaniyya au Sénégal.
Le ministre a placé son intervention sous le signe de l’unité nationale, insistant sur la ‘’portée historique et actuelle’’ de l’enseignement de Seydi El Hadji Malick Sy, fondé notamment sur la connaissance, la spiritualité, la tolérance, la discipline, le respect de l’autre et la recherche permanente de la paix.
Il a noté que cet héritage ne constitue pas uniquement une référence religieuse, soulignant qu’au-delà des disciples de la Tijaniyya, c’est un patrimoine moral dont toute la société sénégalaise peut tirer profit.
Selon lui, les enseignements de Maodo et ceux de ses successeurs ont largement contribué à façonner une société attachée au dialogue, à la solidarité et au respect des différences.
M. Cissé a notamment rendu hommage aux grandes figures de la famille religieuse de Tivaouane, citant parmi elles Serigne Mouhamadou Mansour Sy et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, dont les enseignements et les prises de parole ont, selon lui, contribué à maintenir “le rôle central” des foyers religieux dans la régulation sociale et la consolidation de la paix.
Les foyers religieux, des remparts contre la division
Pour le ministre de l’Intérieur, les foyers religieux sénégalais doivent continuer à jouer le rôle de ‘’remparts contre les divisions et les tensions sociales’’.
Il a mis en garde contre tout discours susceptible de diviser les Sénégalais, ”notamment lorsque les considérations politiques prennent le dessus sur les valeurs fondamentales de la nation”.
Mouhamadou Makhtar Cissé a invité les acteurs politiques, les responsables religieux, les autorités et les citoyens à ‘’privilégier ce qui rassemble plutôt que ce qui divise’’.
L’enjeu, selon lui, est de faire en sorte que les débats politiques ne viennent pas altérer les liens sociaux, religieux et fraternels qui constituent l’un des fondements de la société sénégalaise.
Il a insisté sur le fait que l’Islam est une religion de tolérance, de solidarité et de respect mutuel, rappelant que “les appartenances politiques ne doivent jamais prendre le dessus sur l’appartenance à une même communauté nationale”.
‘’Nous sommes tous les mêmes’’, a-t-il martelé, exhortant les Sénégalais à dépasser les ‘’clivages partisans’’ et les ‘’différends conjoncturels’’, ‘’pour préserver l’essentiel : l’unité du pays’’.
La paix, une responsabilité collective
Le ministre a affirmé que la stabilité du Sénégal ne saurait être considérée comme acquise. “Elle doit être constamment protégée par des comportements responsables, des discours apaisés et une volonté collective de privilégier le dialogue”, a-t-il dit.
La paix, a-t-il laissé entendre, ne doit pas être uniquement invoquée dans les prières ou lors des grandes célébrations religieuses. Elle doit se traduire dans les relations quotidiennes entre citoyens, dans le discours public et dans la manière d’aborder les divergences politiques et sociales.
Mouhamadou Makhtar Cissé a invité chacun à mesurer la portée de ses paroles et de ses actes, soulignant que la préservation de la cohésion nationale est une “responsabilité partagée”.
La cité religieuse, a-t-il relevé, a toujours été associée à une tradition d’enseignement religieux, de modération et de transmission des valeurs de paix.
Selon lui, le Gamou, qui regroupe des millions de fidèles autour d’une même foi et d’un même idéal de fraternité, est “un moment privilégié d’appeler à la concorde entre les Sénégalais”.
Appelant à bannir les querelles ‘’politico-politiciennes’’, le ministre a invité les Sénégalais à replacer l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers et à préserver les acquis sociaux et spirituels construits au fil des générations.
Dans un contexte où les débats publics peuvent parfois être marqués par de fortes tensions, il a appelé à ‘’retrouver le sens de la mesure, de l’écoute et du respect’’.
APS

