Au fil de notre série sur la réforme intérieure, nous avons parlé du jihâd an-nafs, de la discipline du regard, de la langue et des désirs, de la maîtrise des impulsions, du discernement, de la sagesse, de la patience, de la gratitude, du tawakkul, de l’espérance, de la sérénité, de la constance et, la semaine dernière, de la sincérité.
Aujourd’hui, une nouvelle étape se présente : l’humilité (At-Tawâdu‘).
Car purifier son intention ne suffit pas. Il faut également apprendre à protéger son cœur contre une maladie subtile : l’orgueil.
Le Coran nous rappelle : «« Et ne détourne pas ton visage des gens avec mépris, et ne foule pas la terre avec arrogance. Certes, Allah n’aime aucun présomptueux plein de gloriole. »
(Sourate Luqmân, 31:18)»
L’humilité n’est pas se rabaisser. Elle n’est pas nier ses qualités, ses compétences ou ses réussites.
Elle consiste à reconnaître que ce que nous possédons — intelligence, savoir, force, richesse, influence ou réussite — n’est jamais une raison pour mépriser celui qui en possède moins.
L’humilité nous rappelle une vérité essentielle : Nous sommes bénéficiaires avant d’être propriétaires.
Notre savoir est un don.
Notre force est un don.
Notre réussite est un don.
Notre temps est un don.
Alors pourquoi l’orgueil ?
Le Coran nous rappelle : « Et ne marche pas sur la terre avec arrogance. Tu ne saurais ni fendre la terre ni atteindre la hauteur des montagnes. »
(Sourate Al-Isrâ’, 17:37)»
L’orgueil nous fait croire que nous sommes arrivés.
L’humilité nous rappelle que nous sommes toujours en chemin. Elle nous apprend à écouter sans nous sentir diminués.
À reconnaître une erreur sans avoir honte. À demander pardon sans perdre notre dignité.
À apprendre d’une personne plus jeune, moins riche ou moins diplômée que nous.
À reconnaître le mérite des autres sans avoir l’impression que leur lumière diminue la nôtre.
Le Prophète ﷺ a enseigné : « Nul n’entrera au Paradis s’il y a dans son cœur le poids d’un atome d’orgueil. »
(Rapporté par Muslim)»
Voilà pourquoi l’humilité appartient pleinement au jihâd an-nafs.
Le véritable combat n’est pas seulement de vaincre nos désirs. C’est aussi de vaincre cette petite voix intérieure qui murmure : « Je suis meilleur que lui. »
L’humilité transforme la réussite en gratitude. Elle transforme le savoir en service.
Elle transforme l’autorité en responsabilité. Elle transforme la force en protection des plus faibles.
L’homme humble ne se considère pas inférieur aux autres. Il refuse simplement de se considérer supérieur aux autres.
Et peut-être est-ce là l’une des plus grandes victoires du jihâd an-nafs : avoir suffisamment de grandeur pour ne pas avoir besoin de se croire grand.
A. SYLLA


