Au moins 10 militaires ont été tués dimanche dans la ville de San, dans le centre du Mali, lors d’une attaque contre un camp de l’armée malienne, revendiquée par les jihadistes du JNIM, ont rapporté à l’AFP des sources sécuritaires et locales.
Une source locale a également confirmé des pertes au sein des forces armées, sans en préciser le nombre exact. « Il y a eu des pertes côté ami, mais nos évaluations sont en cours. Nos hommes ont repris le contrôle », a indiqué cette source à l’AFP.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire infantile notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements touaregs indépendantistes. Elle s’ajoute à une grave crise économique.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le pays est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale. La junte s’est détournée de l’ancienne puissance coloniale française dans sa lutte contre les jihadistes pour se rapprocher militairement et politiquement de la Russie.
Ces derniers mois, les combats ont repris en intensité au Mali depuis une vaste offensive fin avril à travers le pays d’une coalition formée des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et des indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA), lors de laquelle le ministre malien de la Défense a été tué et la ville stratégique de Kidal (nord) prise par cette coalition.
La perte de Kidal a été un camouflage cinglant pour la junte.
– « Attaque terroriste » –
Dimanche, des habitants de la ville de San ont décrit des affrontements violents aux premières heures de la journée. « Je confirme que c’est une attaque terroriste. L’attaque a commencé depuis 05h00. Nous avons entendu de grosses détonations et des échanges de tirs de manière continue », a ainsi témoigné un résident de San, ajoutant que « le calme (était) revenu maintenant ».
Dans un communiqué publié dimanche, l’armée malienne a pour sa part évoqué une simple « tentative d’attaque sur l’emprise FAMa de San ce dimanche 9 août 2026 à 05H30 ». L’État-major affirme qu’une « riposte vigoureuse des FAMa » a eu lieu et que « la tentative a été repoussée », assurant que « la situation est sous contrôle ».
L’assaut sur le camp à San a été revendiqué par le JNIM. Dans son message, le groupe affirme avoir procédé à la « prise de contrôle totale d’une caserne de l’armée malienne dans la ville de San, dans la région de Ségou, ce (dimanche) matin ».
Le 18 juillet dernier, au moins 50 militaires ont été tués dans le nord du Mali lorsqu’un convoi de l’armée avait été attaqué par la coalition des jihadistes du JNIM et des indépendantistes touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA).
Il s’agit de l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée depuis le début du conflit au Mali.