La ministre de la Santé Stéphanie Rist est favorable « à titre personnel » à l’interdiction de la vente de cigarettes aux personnes nées à partir de 2009, at-elle indiqué vendredi sur TF1.
La ministre de la Santé a toutefois reconnu que sa position n’engageait pas le gouvernement. « La Caisse d’assurance maladie fait des propositions, elle me les remonte. Et ensuite il y a évidemment des décisions gouvernementales », at-elle indiqué. « Quand vous prenez des décisions, ça peut toucher un ensemble d’acteurs, et c’est cette discussion qu’il faut avoir » maintenant, at-elle ajouté.
Dans son rapport annuel « charges et produits », qui chaque année ausculte l’évolution des dépenses de santé, l’Assurance maladie propose d’interdire aux générations nées à partir de 2009 l’achat de cigarettes, même après leur majorité.
Cette proposition s’accompagne d’autres mesures de prévention, comme l’obligation du NutriScore sur les produits emballés, et d’une mention spéciale si le produit est ultra-transformé, ou l’obligation du port du casque à vélo pour les personnes âgées de plus de 12 ans.
L’Assurance maladie recommande également de renforcer les opérations « clients mystères » sur le tabac et l’alcool aux moins de 18 ans, pour identifier et sanctionner les magasins vendant sans contrôle de l’âge.
Sur l’interdiction du tabac aux jeunes générations, « la question n’est pas de savoir si on va y aller ou pas, mais quand », a souligné vendredi Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme (CNCT).
« Il va falloir bien préparer son application. Des discussions ont été engagées, dans la foulée de la décision du Royaume-Uni, par le Canada, l’Irlande notamment », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, « il devrait déjà parvenir, en France, à faire appliquer l’interdiction de vente du tabac et des produits du vapotage aux mineurs. Ensuite il faudra bien communiquer sur cette mesure, bien l’expliquer », at-elle augmenté.
Dans un communiqué, le fabricant de cigarettes Philip Morris a évoqué la proposition de l’Assurance maladie. « Le ban générationnel capte l’attention, mais la santé publique exige davantage qu’une mesure spectaculaire », at-il indiqué.
« Une politique ambitieuse doit protéger strictement les mineurs, accompagner les fumeurs adultes vers la sortie de la cigarette, et lutter réellement contre les marchés parallèles », at-il ajouté.
L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) estime que le tabac coûte environ 1,7 milliard par an aux finances publiques, tandis que son coût social (en incluant les pertes de vie humaines, le coût des soins, les pertes de production économique) est chiffré à 156 milliards d’euros.
Au total, les mesures préventives (tabac et autres) pourraient permettre de baisser de 10 milliards d’euros l’évolution prévisible des dépenses de santé jusqu’en 2030, selon l’Assurance maladie.
AFP