L’Éthiopie a expulsé six diplomates soudanais, entraînant en retour l’expulsion par Khartoum de diplomates éthiopiens, ont affirmé à l’Afp deux sources au sein du gouvernement soudanais, qui accuse Addis Abeba de soutenir ses rivaux paramilitaires.
« L’Éthiopie a déclaré le 2 novembre que les employés du consulat soudanais à Asosa, dans la région du Benishangul », à la frontière entre les deux pays, « étaient persona non grata et leur a donné 48 heures pour quitter son territoire », a indiqué à l’Afp un responsable au sein du gouvernement soudanais, sous couvert d’anonymat car il n’était pas autorisé à s’exprimer devant les médias. Il a dénoncé une « escalade ».
La seconde source a ensuite affirmé que Khartoum avait en retour « informé le personnel du consulat » éthiopien de Gedaref, près de la frontière avec le pays voisin, « qu’il était persona non grata et lui avait donné 48 heures pour quitter le territoire ».
Les autorités éthiopiennes n’avaient pas répondu à une demande de commentaires de l’Afp dans l’immédiat. En début de semaine, le Soudan a annoncé avoir saisi le Conseil de sécurité de l’Onu et l’Union Africaine, accusant l’Éthiopie d' »agression flagrante ».
Dans un rapport publié dimanche, le Conseil souverain de transition, dirigé par l’armée soudanaise, affirmait avoir recensé 70 attaques entre le 15 février et le 27 octobre, impliquant 187 drones kamikazes et 82 munitions tirées depuis des drones en provenance de l’Éthiopie. Ces attaques ont fait 484 victimes civiles, tuées ou blessées, détaille le document.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des Soudanais d’El-Damazin, la capitale de l’État du Nil Bleu située juste de l’autre côté de la frontière avec Asosa, ont déclaré avoir entendu des frappes de drones pendant la nuit.
En 2026, les Fsr ont progressé vers El-Damazin lors d’une offensive qui a provoqué le déplacement d’environ 100.000 personnes, dont près de la moitié a trouvé refuge dans la ville, selon l’Onu.
Ces derniers mois, l’armée et les Fsr ont accentué leurs recours aux drones. D’après l’Onu, plus de 1.100 personnes ont été tuées dans des attaques de drones à travers le Soudan au premier semestre 2026. Depuis le début du conflit, la guerre a fait plus de 200.000 morts, selon les estimations des travailleurs humanitaires, et a provoqué l’une des plus graves crises de famine et de déplacements de populations au monde.
L’Éthiopie, qui rejette les accusations du Soudan, accuse de son côté son voisin de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ce que Khartoum dément.


