Les élections palestiniennes prévues en novembre doivent « impérativement » se tenir, a exhorté mercredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, soulignant que c’était un engagement pris par le président de l’Autorité palestinienne.
Pour la France, la tenue des élections ne répond pas seulement à un impératif démocratique. Alors que l’Autorité palestinienne est à bout de souffle, Paris estime qu’un leadership renouvelé peut représenter efficacement les Palestiniens sur la scène internationale et contribuer à la solution à deux Etats.
Jean-Noël Barrot a en outre balayé les critiques selon lesquelles la reconnaissance d’un Etat de Palestine l’an passé n’avait pas fait avancer la solution à deux Etats poussée depuis toujours par la diplomatie française.
La déclaration de New York il y a un an « a permis d’ouvrir la voie à un plan de paix qui certes est imparfait, qui certes est aujourd’hui bloqué dans sa mise en œuvre, mais qui a mis fin à une situation qui était tout simplement insoutenable », a argué le ministre.
Sans cette dynamique, « sans doute, on peut le redouter, la guerre ferait encore rage à Gaza, avec le même niveau d’intensité qu’il y a un an », a-t-il ajouté. « Sans les efforts de la France aux côtés de l’Arabie saoudite, tout cela n’aurait pas été possible », a-t-il martelé.
« Les réunions d’hier qui ont rassemblé les chefs d’État et de gouvernement autour du président de la République (Emmanuel Macron), puis la société civile autour de moi et d’un certain nombre de mes collègues, ont permis de réaffirmer que l’ambition d’aboutir à une solution à deux États, deux Etats vivant côte à côte, en paix et en sécurité, est intacte », a-t-il dit.
Bien qu’interrogé, le ministre n’a pas répondu à la polémique provoquée par les propos d’Emmanuel Macron à l’Onu, qui a critiqué les agissements israéliens en Cisjordanie tout en affirmant que le « Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie ».
La Cisjordanie est dirigée par l’Autorité palestinienne. Mais les autorités israéliennes affirment que ce territoire est infiltré par le Hamas, qui y mène des attaques contre des juifs « presque tous les jours », selon le bureau du Premier ministre.
« L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante », avait réagi dans la foulée le bureau de Benjamin Netanyahu. « Le Hamas ne gouverne pas en Cisjordanie. C’est indigne de polémiquer sur un tel sujet quand il n’y a aucun doute sur l’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme y compris en Cisjordanie », a indiqué ensuite une source diplomatique à des journalistes.
AFP