Les principaux groupes armés en Ethiopie, dont ceux des Etats régionaux du Tigré, de l’Amhara et de l’Oromia, ont formé une alliance pour « renverser » le gouvernement fédéral et « faciliter un gouvernement de transition », a annoncé dimanche à l’Afp le vice-président des autorités rebelles du Tigré.
Interrogées par l’AFP sur cette alliance, les autorités fédérales n’ont pour l’heure pas donné suite.
Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région au Oslo New University College (Norvège), « doute » que les groupes armés soient pour l’heure capables de mener « un conflit sur la durée » face aux autorités fédérales qui disposent notamment de nombreux drones.
« Toutefois, une coordination au niveau du commandement militaire pourrait changer la donne : le gouvernement se retrouverait confronté à quatre ou cinq fronts potentiels, ce qui constituerait un véritable défi », a-t-il poursuivi.
L’Ethiopie, pays d’Afrique de l’Est d’environ 130 millions d’habitants, est en proie à des conflits armés depuis plusieurs années dans ses deux régions les plus peuplées, l’Oromia et l’Amhara. Les forces fédérales sont opposées à l’OLA depuis 2018 et aux Fano depuis 2023.
Le pays, dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed, a connu également une sanglante guerre entre 2020 et 2022 qui a opposé les forces fédérales aux rebelles tigréens et fait au moins 600.000 morts selon l’Union africaine (UA).


