Une « note urgente » du Centre national de renseignement, datée du 29 juillet dans l’après-midi, met en garde contre « la planification de plusieurs appels à l’action pour mener des incursions à Ceuta » sur des groupes Facebook, dont l’un compte « plus de 160.000 membres ».
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a néanmoins fait valoir mercredi sur le réseau social X qu' »avec les informations disponibles à l’époque, personne n’aurait pu anticiper la crise migratoire des 30 et 31 (juillet, ndlr). Aucune instance compétente ne l’aurait pu. Ni en Espagne, ni dans l’UE ».
Le dirigeant socialiste a par ailleurs réaffirmé n’avoir reçu aucun document contenant « de preuves tangibles que le Maroc avait planifié ou perpétré cet incident ».
Un document déclassifié, publié par les services de renseignement militaire le 30 juillet à midi, affirme qu’il est « fort probable que les autorités marocaines n’encouragent pas activement la vague migratoire, mais qu’elles ont agi jusqu’à présent avec négligence et passivité ».
Pedro Sánchez avait déclaré jeudi dernier devant les députés, lors de l’annonce de la déclassification de ces documents de quarantaine, que malgré l’existence de « rapports de situation » sur l’état de la frontière, « aucune information ne révélait l’ampleur » de « la crise que nous allions subir ».
Il a insisté sur le fait que son gouvernement n’avait reçu aucun rapport lui permettant d’anticiper l’ampleur des événements à venir, ni aucun document contenant « des preuves solides que le Maroc avait planifié ou perpétré l’incident ».
L’opposition accuse le gouvernement de ne pas avoir agi malgré les avertissements concernant la situation à Ceuta et lui reproche d’exonérer le Maroc, qu’elle considère comme responsable de cet afflux massif.
« Le gouvernement était au courant de tout ce qui se passait… Il disposait des informations. Il est directement responsable de l’invasion de Ceuta », a déclaré Ester Muñoz, porte-parole du Parti populaire (PP, droite) au Congrès, lors d’une conférence de presse.
AFP


