Un magistrat guinéen réputé, récemment révoqué, inculpé pour des soupçons de collusion avec un opposant et détenu près de Conakry, a été transféré dans une prison éloignée de la capitale, a annoncé l’administration pénitentiaire dimanche, après que ses avocats ont signalé qu’il n’était plus dans sa cellule.
Le magistrat Algassimou Diallo est poursuivi pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination » et « association de malfaiteurs ».
Il est notamment accusé d’avoir échangé avec l’ancien Premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo, en exil à l’étranger, des messages présentés comme hostiles au pouvoir.
Il était détenu dans la prison de Coyah, près de Conakry et son procès s’était ouvert vendredi devant la Cour suprême, avant d’être renvoyé à mardi.
« Dans le cadre de la gestion administrative des établissements pénitentiaires, il a été transféré le 5 septembre à la maison d’arrêt et de correction de Macenta », à quelque 700 kilomètres à l’est de Conakry, a affirmé la Direction nationale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion dans un communiqué.
Il « y demeure actuellement détenu en exécution du mandat de dépôt décerné à son encontre », a-t-elle ajouté.
Les avocats d’Algassimou Diallo avaient exprimé samedi leur « inquiétude », signalant que l’ex-magistrat ne se trouvait « plus dans sa cellule » et exigeant des autorités de connaître son lieu de détention.
Dimanche, ils ont déclaré dans un communiqué que le motif avancé par l’administration pénitentiaire « ne saurait justifier une telle mesure ».
Ils ont également demandé à ce que « la preuve de la détention de M. Diallo à la maison d’arrêt de Macenta soit rapportée sans délai ».
Algassimou Diallo s’était fait remarquer l’an dernier comme chef du parquet lors du procès du massacre du 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry.
Plusieurs hauts responsables militaires guinéens avaient été déclarés coupables de cette tuerie d’au moins 156 personnes lors d’un rassemblement d’opposants.
AFP

