Une vingtaine de soldats maliens détenus par les rebelles touareg ont été libérés dimanche, un échange mené avec cette rébellion qui a multiplié depuis le printemps les attaques contre l’armée et la junte au pouvoir au Mali.
Certains de ces soldats ont été capturés récemment et d’autres étaient détenus « depuis plus de trois ans », a indiqué à l’AFP la source proche de la junte, en guerre contre les rebelles du FLA et leurs alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda).
Les jihadistes du JNIM et la rébellion du FLA avaient lancé les 25 et 26 avril une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir et de l’armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale.
Ces attaques ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et conduit à la capture de plusieurs soldats maliens.
Et début juillet, jihadistes et rebelles ont lancé de nouvelles attaques aux coordonnées contre plusieurs localités et une prison. Plusieurs militaires maliens avaient été capturés lors de ces combats, selon des vidéos de propagande publiées par la coalition JNIM-FLA.
Pays parmi les plus pauvres au monde, le Mali, dirigé depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021 par des militaires, est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire.
« 22 militaires maliens ont été libérés ce (dimanche) matin », a affirmé à l’AFP la source de sécurité.
L’information sur leur libération a été confirmée à l’AFP par la source proche de la junte, selon laquelle « une vingtaine » de soldats ont été élargis.
Cette libération a été obtenue « en échange d’au moins huit combattants du FLA », selon la source de sécurité.
Un porte-parole du FLA, Attaye Ag Mohamed, a affirmé qu’elle s’est faite en contrepartie de celle de « civils détenus » par « la junte criminelle dans ses prisons secrètes dont certaines depuis cinq années ».
Ces « civils » sont « majoritairement dans un état physique et mental insoutenable », a affirmé M. Ag Mohamed.
Cette libération de soldats est intervenue après celle, le 13 août, de 82 autres soldats qui étaient détenus depuis avril par des jihadistes et leurs alliés rebelles touareg.
Ces indépendantistes touareg avaient également relâché le 16 août six soldats maliens blessés.
Par ailleurs, deux anciens combattants de l’ex-groupe paramilitaire russe Wagner, capturés il ya deux ans dans le nord du Mali lors de combats contre des rebelles touareg alliés à des jihadistes, ont été libérés jeudi, avait informé l’AFP samedi de sources sécuritaires et diplomatiques.
Les deux hommes avaient été faits prisonniers en juillet 2024 lors des combats de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne, où l’armée malienne et ses alliés russes de Wagner avaient subi un revers face aux rebelles du Cadre stratégique permanent (CSP), devenus FLA, et aux jihadistes du JNIM.
Africa Corps, organisation paramilitaire russe qui a remplacé Wagner, a confirmé dans un communiqué la libération des ressortissants russes détenus depuis le 27 juillet 2024 par une coalition terroriste FLA et JNIM.
La junte au Mali a tourné le dos à ses partenaires occidentaux et s’est rapprochée de la Russie, dont les paramilitaires de l’Africa Corps l’aident dans sa lutte antijihadiste.


