Au Tigré, Etat régional de l’Ethiopie, « la population vit dans le désespoir » en raison des menaces de nouveau conflit, explique Tiras Gebregziabher qui, exilée depuis deux ans, célèbre samedi à Addis Abeba cette fête traditionnelle des femmes et filles du nord du pays.
Se succèdent des musiques typiques du Tigré et – moins typiques – d’afrobeats, pop contemporaine africaine originaire de l’Afrique de l’Ouest.
Ashenda, fête qui tient son nom d’une herbe haute que les femmes et filles nouent autour de leur taille, est originaire du Tigré, mais est aussi célébrée dans l’Etat régional voisin de l’Amhara, ainsi qu’en Erythrée, ancienne colonie italienne annexée par l’Ethiopie des années 1950 jusqu’à son indépendance en 1993.
Cette célébration marque la fin de Filseta, un jeûne de 15 jours célébré par les chrétiens orthodoxes – confession dominante dans le nord de l’Ethiopie – pour commémorer l’Assomption. Initialement fête religieuse, Ashenda est aujourd’hui davantage célébrée comme symbole de l’indépendance et de l’émancipation des femmes et des filles.
Entre 2020 et 2022, une guerre destructrice a fait rage au Tigré entre les troupes des autorités rebelles tigréennes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), et les forces fédérales, appuyées par des milices locales et l’armée érythréenne.
Ce conflit, l’un des plus meurtriers de ces dernières décennies et qui s’est déroulé largement à huis clos, a fait au moins 600.000 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes.
Moins de quatre ans après un accord de paix qui avait fait taire les armes et suscité l’espoir, les nouvelles tensions entre le TPLF, parti banni au niveau fédéral mais qui dirige de fait l’Etat régional, le plus septentrional du pays, et le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, font planer le risque d’un nouveau conflit.
AFP

