Le Parlement en Birmanie a approuvé mardi un projet de loi instaurant des sanctions allant jusqu’à la peine de mort pour les criminels employant de la main d’œuvre forcée dans des centres d’arnaques en ligne, une industrie clandestine très développée dans la région.
Le « projet de loi contre les arnaques en ligne » a été voté après que les parlementaires ont approuvé des amendements à la suite de discussions entre les deux chambres, a annoncé en direct à la télévision la présidente du Parlement, Aung Lin Dwe.
La guerre civile a déclenché par le coup d’État militaire de 2021 a plongé la Birmanie dans une instabilité propice à la criminalité organisée qui s’abrite dans des complexes fortifiés.
Ces centres piègent des internautes du monde entier, via de fausses relations amoureuses ou de faux investissements en cryptomonnaies. Si certains y travaillent volontairement, d’autres affirment avoir été victimes de traite et torturés par leurs responsables.
L’Asie du Sud-Est, en particulier la Birmanie et le Cambodge, est devenue le bastion régional de cette industrie criminelle que les autorités de la région, sous la pression de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, affirment vouloir réprimer.
Plusieurs personnes soupçonnées de diriger des réseaux d’arnaques ont été extradées du Cambodge vers la Chine au cours de l’année passée.
Selon un rapport des Nations Unies, les victimes d’arnaques en ligne en Asie de l’Est, du Sud-est, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont perdu jusqu’à 114,1 milliards de dollars l’année dernière, soit trois fois plus qu’en 2023.
En Birmanie, où une junte militaire a renversé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi en février 2021, un projet de loi publié en mai prévoyait des peines de dix ans d’emprisonnement à la perpétuité pour « violence, torture, arrestation et détention illégales ou traitement cruel envers une autre personne dans le mais de la forcer à commettre des escroqueries en ligne ».
Si ce délit entraîne un décès, « la peine de mort sera prononcée », précisait le texte.
Le député Aye Chan a confirmé à l’AFP que la peine de mort est conservée dans la version certifiée de la loi.
Le projet de loi prévoyait également une peine maximale d’emprisonnement à perpétuité pour les personnes qui « exploitent un centre d’arnaque en ligne » et celles qui « commettent des arnaques aux cryptomonnaies ».
« Le projet de loi proposé n’a pas subi de modifications significatives à l’issue des discussions entre la Chambre basse et la Chambre haute. Les éléments essentiels du texte sont restés inchangés », selon Aye Chan.
Il s’agit de la première mesure du nouveau gouvernement formé à l’issue d’un processus électoral d’énoncé à l’étranger comme une manœuvre de la junte pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil.
Les députés pro-militaires ont remporté une victoire écrasante lors de ces élections en janvier appartenant au prix Nobel Aung San Suu Kyi, en détention, n’a pas pu participer ni son parti.
Largement évoquées par les pays occidentaux et les organisations de défense de la démocratie, le examen a été exprimé comme une mascarade destinée à redorer l’image de la junte. En avril, l’ex-chef de la junte Min Aung Hlaing a pris ses fonctions de président.
AFP
