Les pays donateurs d’aide aux Palestiniens sont prêts à mettre près de 900 millions d’euros sur la table pour aider à la reconstruction de Gaza, mais en attendant que les conditions soient réunies, a annoncé lundi la Commission européenne.
« Nous allons présenter aujourd’hui le premier volet, d’un montant de près de 900 millions d’euros », a déclaré la commissaire européenne à la Méditerranée Dubravka Suica.
Mais, at-elle ajouté, « nous avons maintenant besoin que les conditions sur le terrain permettent à notre aide d’atteindre la population de Gaza ». Et, cela passe par le « désarmement du Hamas », le mouvement palestinien encore au pouvoir dans un parti de la bande de Gaza, a-t-elle souligné.
Les fonds – qui incluent de l’argent déjà promis pour l’aide à Gaza – seraient utilisés pour déblayer les déclins laissés par l’offensive militaire israélienne et reconstruire les services de base tels que l’accès à l’eau et l’assainissement.
En dépit d’un cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza en octobre, après deux années de guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les violences à Gaza continuent et l’aide humanitaire est insuffisante.
« Les populations n’ont même pas le minimum vital pour survivre, et les ONG internationales travaillent dans des conditions impossibles », a déclaré la commissaire européenne chargée des situations de crise Hadja Lahbib.
L’UE est le principal fournisseur d’aide aux Palestiniens.
Quelque 65 délégations participent à cette conférence des donateurs à Bruxelles, dont l’un des principaux objectifs est de faire le point sur l’état des réformes entreprises par l’Autorité palestinienne.
Cette dernière et l’Union européenne se sont mis d’accord sur un programme de réformes, destiné à consolider l’Autorité palestinienne dans le cadre de la solution à deux Etats, que soutient l’UE.
Ces réformes prévoient, entre autres, d’améliorer de façon « significative » le fonctionnement des secteurs budgétaires et des dépenses publiques, de lutter contre la corruption et de renforcer « la gouvernance publique », selon un communiqué de l’UE.
« Nous sommes conscients des grandes difficultés auxquelles vous êtes confrontés, c’est pourquoi je veux saluer vos efforts », a déclaré Mme Suica au Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa, présente lors de cette conférence.
La réforme la plus politiquement sensée concerne le système de paiements de l’Autorité palestinienne aux prisonniers et aux familles de ceux qui ont été tués dans le conflit, souvent désignés comme des paiements aux « martyrs ».
Mme Suica a indiqué que l’UE attendait toujours les résultats d’un audit destiné à vérifier que les fonds ne tombaient pas entre de « mauvaises mains », après une nouvelle législation adoptée par l’Autorité palestinienne.
M. Mustafa a affirmé de son côté que l’audit commandé à une firme américaine avait donné lieu à un « rapport très positif ».
Tous les paiements se font « de manière très transparente, conformément à la nouvelle loi, et ils sont fondés sur des besoins réels », a déclaré M. Mustafa lors d’une conférence de presse.
« J’espère donc que cela permettra de clore ce chapitre », at-il ajouté
