La police de l’Etat de Kogi, dans le centre du Nigeria, a « repoussé avec succès une attaque menée par des bandits armés » contre une école mercredi matin, mais les échanges de tirs ont fait quatre victimes dont un enfant de six ans, ont déclaré la police et un représentant de l’Etat.
Les enlèvements d’écoliers sont connus depuis plusieurs mois un regain, ce qui a conduit à la fermeture temporaire de nombreux établissements scolaires à travers le nord et le centre du pays. « Un grand nombre de bandits lourdement armés, se déplaçant à bord d’une quarantaine de motos », ont envahi l’école secondaire publique d’Iluke Bunu, « avec l’intention présumée d’enlever des élèves et d’autres résidents de la communauté », a expliqué la police.
Les forces de sécurité « ont engagé un violent échange de tirs avec les malfaiteurs, forçant ces derniers à s’enfuir dans la brousse environnante », a-t-elle précisé. Kingsley Femi Fanwo, le commissaire à l’information de l’Etat de Kogi, a déclaré à l’AFP que l’attaque n’avait pas eu lieu dans l’enceinte de l’école mais dans la mairie d’Iluke Bunu où les étudiants étaient rassemblés pour passer un examen. « Les bandits ont attaqué la mairie » et ont « emmené les étudiants dans la campagne », at-il expliqué.
C’est à ce moment que les forces de sécurité sont intervenues. « Les conclusions préliminaires indiquant qu’il n’existe actuellement aucune preuve concluante d’un enlèvement massif d’élèves ou d’autres résidents » mais « les enquêtes se prolongent », a détaillé la police.
Selon la police et M. Fanwo, quatre personnes ont perdu la vie lors des échanges de tirs : Ganiyu Anifowose, le directeur adjoint de l’école, un homme de 70 ans et un enfant de 6 ans. L’un des attaquants a également été tué. « Nous renforçons les mesures de sécurité autour des écoles », a assuré M. Fanwo.
Le centre du pays, où se trouve l’État de Kogi, a récemment été le théâtre de plusieurs attaques violentes contre des écoles, certaines attribuées à des groupes jihadistes. En avril, 23 enfants d’un orphelinat situé dans une zone isolée de la capitale de l’Etat, Lokoja, avaient été enlevés, et ont depuis été secourus.
Face à la recrudescence des attaques et des enlèvements, Abuja a resserré son partenariat avec les États-Unis, qui ont affirmé en début de semaine avoir tué plus de 200 jihadistes depuis le début de l’année, dont l’un des dirigeants de l’État islamique dans le monde, Abou Bilal Al-Minuki.
Mi-mai, plusieurs dizaines d’écoliers de l’Etat d’Oyo, dans le sud du pays, ont été kidnappés par des hommes armés, que l’armée nigériane a présenté comme des jihadistes de Boko Haram. Cette propagation vers le sud des enlèvements de masse fait craindre un déplacement des groupes jihadistes de leurs fiefs du nord, où ils sont sous la pression militaire du Nigeria et des Etats-Unis, vers le sud du pays.
AFP