Des dizaines de manifestants anti-immigration clandestine ont défilé lundi dans un township près de Johannesburg, en Afrique du Sud, au lendemain de la promesse du président Cyril Ramaphosa d’agir contre les groupes alimentant les violences xénophobes dans le pays.
La marche s’est déroulée pacifiquement, même si certains participants portaient des bâtons et que d’autres brandissaient des pancartes « Rentrez chez vous », selon des images diffusées par la chaîne publique SABC. Plusieurs autres défilés anti-immigration, rassemblant des dizaines de personnes, ont également été signalés dans les provinces du Cap-occidental (sud) et du Limpopo (nord).
M. Ramaphosa a dit reconnaître les inquiétudes concernant l’immigration illégale, mais a averti que les autorités ne toléreront pas que quiconque fasse justice soi-même. « Nous ne permettrons pas et ne devons pas permettre à des groupes d’instrumentaliser les préoccupations légitimes des Sud-Africains pour déstabiliser notre pays en incitant à l’anarchie et à la violence », a déclaré le président dans une allocution nationale dimanche soir. « Nous agirons contre les forces qui exploitent les inquiétudes de notre population concernant l’immigration illégale pour servir leurs propres intérêts politiques, personnels ou criminels ».
Les organisateurs des manifestations ont rapidement réagi, se disant encouragés par le fait que M. Ramaphosa a inscrit la question à l’agenda national, mais ont promis de poursuivre leur campagne. L’Afrique du Sud est la première économie d’Afrique et accueille plus de trois millions d’étrangers, soit un peu plus de 5% de sa population. Mais le chômage dépasse les 30%, alimentant la colère envers les travailleurs immigrés.
Lors des pires violences xénophobes des deux dernières décennies, 62 personnes avaient été tuées en 2008. Des violences de ce genre avaient également éclaté en 2015, 2016 et 2019. Au moins deux Mozambicains ont été tués dans la dernière vague de violences.
Le mois dernier, des centaines d’étrangers, originaires notamment de République démocratique du Congo, du Rwanda et de Somalie, ont cherché refuge dans la ville portuaire de Durban, dans l’est du pays, affirmant que les habitants avaient fait du porte-à-porte pour leur ordonner de partir.
Ces troubles ont incité plusieurs pays à organiser le rapatriement de leurs ressortissants. Le Ghana a affrété des vols pour des centaines de personnes, et le Malawi et le Mozambique des bus. Plus de 600 Ghanéens ont été autorisés à partir au cours du week-end, a annoncé lundi l’autorité sud-africaine chargée des frontières, portant à 995 le nombre total de personnes ayant fui le pays. Un premier groupe de Nigérians doit aussi être rapatrié mercredi.
