Le président américain Donald Trump est arrivé mercredi en Chine pour un sommet aux enjeux lourds globaux avec son homologue Xi Jinping, du commerce international à la guerre en Iran en passant par Taïwan, ont constaté des journalistes de l’AFP.
M. Xi recevra M. Trump avec pompe jeudi à 10H00 locales (02H00 GMT) au Palais du Peuple sur la place Tianamen, haut lieu du pouvoir au coeur de la capitale placée sous haute protection.
La faste de l’accueil et les marques d’attention témoignées envers un invité qui a reporté ce voyage initialement prévu fin mars à cause de la guerre en Iran ne feront pas disparaître les multiples désaccords qui attendaient les deux dirigeants à huis clos.
M. Trump, apparemment concentré sur le business, a emmené avec lui un certain nombre de chefs d’entreprise, dont Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX et l’homme le plus riche de la planète, les patrons d’Apple et Boeing Tim Cook et Kelly Ortberg, et celui du géant américain des puces électroniques Nvidia, Jensen Huang.
« Je demanderai au président Xi, dirigeant hors paire, d’ouvrir la Chine afin que ces personnes brillantes puissent opérer leur magie et contribuer à hisser la République populaire à un niveau encore plus élevé ! », a écrit M. Trump sur son réseau Truth social, en route vers la Chine.
En haut de la liste de vœux américaine figure l’annonce d’accords dans des domaines comme l’agriculture et peut-être la confirmation d’une commande massive d’appareils auprès de Boeing. « La Chine salue la visite d’Etat du président Trump », a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Guo Jiakun.
Pékin est prêt à « élargir la coopération et gérer les différends ». Il a répété le mantra de Pékin à l’approche du sommet : la recherche de « plus de stabilité et de certitude dans un monde en proie aux changements et aux turbulences ».
MM. Trump et Xi devraient ainsi chercher à prolonger la trêve conclue en octobre dans la guerre des droits de douanes. Mais les autres points de friction adhérents : restrictions sur les approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle, Taïwan.
– « Longue conversation » sur l’Iran –
La guerre avec l’Iran s’y est ajoutée depuis fin février avec ses retombées mondiales. Selon l’administration américaine, M. Trump entend faire pression pour que Pékin, partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran, principale importatrice de son pétrole, use de son influence pour une sortie de crise dans le Golfe.
Le président américain a cherché à mettre fin aux achats de pétrole iranien par la Chine en prenant diverses sanctions, condamnées par Pékin. Sans que cela ne dégénère jusqu’alors en crise diplomatique ouverte.
« Nous aurons une longue conversation à propos de l’Iran », a déclaré M. Trump aux journalistes venus assister à son départ de la Maison Blanche, tout en assurant qu’il n’avait besoin de l’aide de personne à ce propos.
La quasi fermeture du détroit d’Ormuz sous l’effet des blocus iranien et américain impacte directement les approvisionnements chinois. La guerre commence à faire ressentir ses effets sur la Chine.
La veille de l’arrivée de M.Trump, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé le Pakistan à « intensifier » ses efforts de médiation entre Téhéran et Washington, selon l’agence Chine Nouvelle.
– Position de force –
Etats-Unis et Chine se livrent depuis des années une compétition acharnée, stratégique, technologique ou économique. « Le sommet aura l’air poli en apparence, mais sur le plan tactique, ce sera un match de rugby au cours duquel chaque partie voudra prendre l’avantage », prédit Melanie Hart, spécialiste de la Chine à l’Atlantic Council.
Les deux superpuissances se livrent en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le sommet survit à un moment difficile sur le plan intérieur de part et d’autre. Donald Trump fait face à des sondages catastrophiques et à une poussée d’inflation nourrie par la guerre contre l’Iran. L’économie chinoise, dans le même temps, est confrontée à une faible consommation intérieure et à une crise de la dette persistante dans l’immobilier.
Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en position de force relative face à un Donald Trump empêtré au Moyen-Orient et soumis à la pression grandiose des élections américaines de mi-mandat en novembre. Mais elle n’a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe dure, nuancée-ils.