*Chronique d’Amadou SYLLA
La semaine dernière, nous évoquions la discipline du regard : cette capacité à protéger le cœur en maîtrisant ce que l’on laisse entrer dans notre esprit et nos intentions.
Cette semaine, nous poursuivons cette réflexion avec un autre combat discret mais essentiel : la discipline de la langue.
Les mots semblent parfois légers.
Pourtant, ils peuvent construire ou détruire, apaiser ou blesser durablement.
Le Coran nous rappelle : « Il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire. »
(Sourate Qaf, 50:18)
Chaque parole laisse une trace.
Une phrase injuste peut briser une confiance. Une parole sincère peut réparer une blessure invisible.
Dans une époque marquée par la rapidité des réactions, les réseaux sociaux et les jugements immédiats, maîtriser sa langue devient une forme de sagesse.
La discipline de la langue ne consiste pas seulement à éviter l’insulte.
Elle consiste aussi à :
éviter la calomnie,
éviter l’humiliation,
éviter les paroles qui divisent inutilement.
Le Coran rappelle également : « Ô vous qui avez cru ! Évitez de trop conjecturer… et ne médisez pas les uns des autres. »
(Sourate Al-Hujurat, 49:12)
Parler avec responsabilité, c’est reconnaître que les mots ont un poids moral.
Se taire lorsqu’une parole risque de détruire inutilement.
Parler lorsque le silence devient une injustice.
La maîtrise de la langue est souvent le reflet de la maîtrise du cœur.
Celui qui discipline sa parole protège ses relations. Et celui qui protège ses relations contribue à préserver la paix autour de lui.
La réforme intérieure passe aussi par les mots que nous choisissons de prononcer.
Après donc la discipline du regard et la maîtrise de la langue, notre prochaine réflexion portera sur un autre combat intérieur essentiel : la discipline des désirs.
Rendez-vous la semaine prochaine pour poursuivre ensemble cette série sur la réforme intérieure et l’éthique du cœur.
*Jummah Mubarack à vous*
Excellente journée de 8 Mai.
