Plusieurs prisons ont subi lundi des blocages à l’appel de surveillants Ufap-Unsa pour demander des mesures d’urgence contre la surpopulation carcérale et les sous-effectifs, un mouvement qui ne sera pas reconduit mardi a annoncé le syndicat.
Environ 22% des établissements ont été bloqués, selon le ministère de la Justice, lorsque l’Ufap-Unsa a revendiqué une centaine de prisons touchées par le mouvement, sur les 190 qui comptent le territoire.
Lundi soir, le syndicat a indiqué que le mouvement ne serait pas reconduit mardi et qu’il serait reçu mercredi par la Chancellerie.
FO Justice, premier syndicat chez les surveillants, ne s’était pas associé à cette action, estimant qu’elle intervenait « trop tôt ».
Des mouvements de blocage ont notamment eu lieu à la prison parisienne de la Santé, Bois-d’Arcy (Yvelines), Villeneuve-les-Maguelone (Hérault), Beauvais (Oise), Amiens (Somme), Douai (Nord) et Béthune (Pas-de-Calais). Les entrées de ces établissements ont été un temps bloquées par le personnel, correspondant parfois aux extractions de détenus.
Dans les Hauts-de-France, des actions ont eu lieu « dans 14 établissements sur 17 et 11 étaient bloqués » lundi matin, a indiqué le secrétaire général régional Ufap-Unsa Thomas Vaugrand à l’AFP, réclamant un « plan d’urgence ».
Devant la prison de Rennes-Vezin, le secrétaire local de l’Ufap-Unsa, Eric Toxé, a compté dès 06H30 une quarantaine de collègues venus manifester leur « mécontentement », en rappelant que cet établissement souffrait d’une « surpopulation de 169% » et manquait selon lui d' »une quarantaine d’agents ».
Surveillants et directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l’explosion. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait décrété l’état des prisons françaises, surpeuplées et souvent insalubres, mettant en garde sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ».
Le record de surpopulation carcérale ne cesse d’être battu. Selon les derniers chiffres officiels, le taux d’occupation global était au 1er mars de 137,5%, avec 87.126 détenus pour moins de 63.500 places.
La maison d’arrêt de Valenciennes compte ainsi 380 détenus pour 196 places, selon son délégué Ufap-Unsa juge Stéphane Lecerf.
« On a moins de temps à consacrer (aux détenus), donc il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des loupés », estime-t-il, insistant sur les conséquences sur « les services d’insertion, de probation, la comptabilité : tous les services sont impactés ».
A Lyon-Corbas, ouverte en 2009, le représentant syndical Ludovic Navarro déplore « plus d’agressions dans les cellules entre détenues ».
La France figure parmi les très mauvais élèves en Europe, seules la Slovénie et Chypre présentant des taux supérieurs mais avec des populations bien inférieures.
Parallèlement, l’Ufap-Unsa dénonce les sous-effectifs chroniques de surveillants, en comptabilisant 5.000 postes non pourvus
