La République démocratique du Congo et le groupe armé M23 se sont mis d’accord afin de faciliter l’aide humanitaire et de libérer des prisonniers dans un délai de 10 jours, selon un communiqué conjoint publié dimanche à l’issue de pourparlers en Suisse.
La RDC et le Rwanda ont entériné en décembre un accord de paix sous l’égide des États-Unis, qui n’a pas mis fin aux combats. Quelques jours après la signature de l’accord, le département d’État avait relevé la prise par le M23 de la ville stratégique d’Uvira, dans la province orientale du Sud-Kivu, en RDC. Cette initiative du M23 avait suscité l’ire de Washington.
Tout en niant apporter un soutien militaire au M23, le Rwanda affirme faire face à une menace existentielle en raison de la présence, dans l’est de la RDC, de groupes armés liés au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
Des pourparlers, avec le Qatar comme intermédiaire, se sont tenus du 13 au 17 avril à Montreux, en Suisse.
« Le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 ont convenu de l’importance cruciale d’assurer une aide humanitaire vitale à la population de l’est de la RDC », écrivent les deux parties dans le communiqué, qui précise que l’aide humanitaire doit être « rapide, sans entrave et soutenue ».
Ils « ont convenu de respecter l’ensemble des obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés », poursuit le document.
« Les parties ont accepté de s’abstenir de toute action qui compromettrait la fourniture d’une aide humanitaire délivrée sur la base des principes humanitaires dans les territoires affectés par le conflit », et « ont également convenu de procéder, dans un délai de 10 jours, à la libération de prisonniers » afin de « continuer à renforcer la confiance », indique aussi le communiqué.
Ils ont affirmé également que la protection des civils « demeure primordiale pendant la conduite des hostilités ».
La RDC et le M23 sont convenus de s’abstenir de toute attaque, destruction ou enlèvement d’objets indispensables à la survie de la population civile, y compris les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, les réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation, ainsi que les services de télécommunications et d’énergie, les écoles et les hôpitaux.
Et ils se sont engagés à protéger les travailleurs humanitaires, à faciliter les convois d’aide et à « faire tout leur possible » pour éviter que l’aide ne soit détournée ou pillée.
Un protocole d’accord a également été signé, qui met en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu.
Les pourparlers de Montreux ont réuni des représentants du gouvernement de la RDC et du M23, ainsi que de son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Étaient aussi présents des représentants du Qatar, des États-Unis, de la Suisse, de la Commission de l’Union africaine (UA) et du Togo, en tant que médiateur de l’UA.
AFP
