L’armée du Burkina Faso avec ses milices alliées et un groupe armé lié à Al-Qaïda ont tué plus de 1 800 civils et déplacé de force des dizaines de milliers de personnes depuis 2023. Selon un rapport de Haman Rights Watch, la junte commet elle-même des abus atroces, ne prend aucune mesure pour traduire en justice les responsables de tous les camps et limite la diffusion d’informations afin de dissimuler les souffrances des civils pris dans les violences.
« Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires devraient coopérer avec les autorités du Burkina Faso et les inciter à s’attaquer aux graves violations commises par toutes les parties et à déterminer véritablement les responsabilités », relève la note dans un communiqué du 2 avril.
Ces atrocités, qui incluent le nettoyage ethnique des civils peuls par le gouvernement, constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont les hauts dirigeants de tous les camps pourraient être tenus pour responsables.
Le rapport de 341 pages, intitulé « “Personne ne pourra s’échapper” : Crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par tous les camps au Burkina Faso », documente l’impact dévastateur sur les civils d’un conflit armé qui n’a reçu que peu d’attention à l’échelle mondiale.
Selon L’Ong de défense des droits humains, les chercheurs ont consigné 57 incidents impliquant les forces militaires burkinabè et des milices alliées connues sous le nom de Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ainsi que le groupe armé islamiste Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimin, JNIM) depuis que la junte militaire actuelle a pris le pouvoir en septembre 2022.