Maroc: liberté provisoire refusée pour une militante féministe jugée pour blasphème

Un tribunal marocain a refusé mercredi une demande de liberté provisoire pour la militante féministe Ibtissame Lachgar jugée pour « atteinte à l’islam », malgré le fait que sa défense avait fait valoir son « grave » état de santé, a indiqué son avocate.

La militante de 50 ans connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles est poursuivie pour « atteinte à la religion islamique » après la publication sur les réseaux sociaux d’une photo jugée « offensante envers Dieu ».

Comparaissant pour la première fois devant le tribunal de première instance de Rabat, Mme Lachgar est apparue affaiblie et portant une attèle au bras gauche, échangeant quelques sourires avec des personnes venues la soutenir.

« Elle est traitée pour un cancer et devrait subir en septembre une opération critique au niveau de son bras gauche d’après ses médecins qui alertent sur la possibilité d’une amputation si l’intervention chirurgicale n’est pas réalisée », a plaidé son avocate Naima El Guellaf. « Son état de santé est grave », a ajouté son autre avocat Mohamed Khattab.

La défense a fourni au juge un dossier médical mais le représentant du parquet a réclamé le rejet de la demande de remise en liberté, accepté par le juge, selon la défense. Le procès doit se poursuivre le 3 septembre. La psychologue clinicienne avait publié fin juillet une photo d’elle vêtue d’un t-shirt où apparaissait le mot « Allah » (« Dieu ») suivi de la phrase « is lesbian » (« est lesbienne »).

L’image était accompagnée d’un texte qualifiant l’islam, « comme toute idéologie religieuse », de « fasciste, phallocrate et misogyne », une publication qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, allant des appels à son arrestation à des menaces de viol et de lapidation. Incarcérée depuis le 12 août à la prison d’El Arjat près de Rabat, Mme Lachgar est placée à l’isolement et « a l’interdiction de parler avec les autres détenues », selon Me El Guellaf.

L’article 267-5 du Code pénal marocain, en vertu duquel la militante est poursuivie, punit de six mois à deux ans de prison ferme « quiconque porte atteinte à la religion islamique ». La peine est susceptible d’être portée à cinq ans d’emprisonnement si l’infraction est commise en public, « y compris par voie électronique ».

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé son incarcération, la qualifiant de « violation de la liberté d’expression et d’opinion ».

AFP

AFP

0 0 votes
Évaluation de l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

Partager sur:

Articles récents

FB_IMG_1789416794083
64263266-46125525
Mali et la guerre
INDIA-BELGIUM-DIPLOMACY
ppp3-11
1-4064x3048-1-0-{}-0-24#
FRANCE-SAUDI-POLITICS-DIPLOMACY
32HP786-highres
Découvrir

Dans la même rubrique

FB_IMG_1789416794083
A Washington, Bassirou Diomaye Faye vante les atouts du Sénégal auprès d’investisseurs américains
En savoir +
64263266-46125525
Le conflit en Casamance nécessite “des solutions intelligentes et progressives”, selon un universitaire
En savoir +
Mali et la guerre
Mali : au moins 50 militaires et cinq mercenaires russes tués jeudi dans une attaque jihadiste, selon des sources sécuritaires
En savoir +
INDIA-BELGIUM-DIPLOMACY
Belgique: le monde universitaire "consterné" par le refus d'accueillir 13 étudiants de Gaza
En savoir +
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x