La ministre de la Culture Rachida Dati, renvoyée en procès pour corruption, a dénoncé mardi une « procédure émaillée d’incidents » et mis en cause certains magistrats qui, selon elle, « marchent » sur les droits de la défense. « J’accable des magistrats qui refusent de faire leur travail selon le code de procédure », a-t-elle affirmé sur le plateau de LCI, déclarant également qu »elle ne « renoncerait sur rien », ni à son poste de ministre, ni à ses ambitions pour la mairie de Paris.
La ministre a reçu en cela le plein soutien du ministre de la Justice Gérald Darmanin qui a souhaité « ardemment qu’elle soit maire de Paris » en 2026. « Il y a un problème avec la justice », a estimé celle qui est avocate de profession et fut Garde des sceaux, disant s’exprimer pour la première fois publiquement sur cette affaire. « Je ne vais pas me résigner. Ils essayent de me mettre un genou à terre, je ne vais quand même pas mettre le deuxième ».
« Je demande des actes, on me les refuse, j’ai demandé des confrontations, on me les refuse. Toute la procédure a été émaillée d’incidents », a poursuivi Mme Dati, combative et documents à l’appui. « Certains instrumentalisent de manière un peu honteuse » ce dossier, a-t-elle déploré, alors que ses adversaires politiques appellent à sa démission. « Je ne suis pas condamnée, il y a un principe de présomption d’innocence », s’est-elle défendue lors de cet entretien d’une trentaine de minutes, au cours duquel elle a balayé l’idée d’aller en prison pour cette affaire. « Ca ne m’effleure pas du tout ».
Deux juges d’instruction parisiens ont ordonné un procès qui s’annonce retentissant contre Rachida Dati et l’ancien patron tout-puissant de Renault-Nissan Carlos Ghosn pour corruption et trafic d’influence. Rachida Dati « poursuit son travail au gouvernement », a indiqué l’entourage d’Emmanuel Macron. Les deux mis en cause contestent les accusations dans ce dossier aux lourds enjeux politiques, Rachida Dati, ex-ministre de la Justice sous la présidence de Nicolas Sarkozy, étant également une potentielle candidate à la mairie de Paris. Une première audience est prévue le 29 septembre pour fixer la date du procès, qui pourrait se tenir après les municipales de mars 2026. (Afp)