Un magistrat réaffirme l’engagement de l’Etat dans la lutte contre la traite des personnes

Le magistrat Younous Kâne, directeur adjoint à la Direction des affaires criminelles et des grâces, a réaffirmé, mardi, l’engagement du Sénégal à lutter contre la traite des personnes, mettant en avant plusieurs mesures institutionnelles et judiciaires déjà enclenchées pour éradiquer ce fléau qualifié de « forme d’esclavage moderne ».

Il présidait l’atelier de partage des résultats de l’étude finale du Centre de recherche et de sensibilisation sur la traite des personnes (CenHTRO, en anglais) sur la lutte contre l’exploitation sexuelle dans les zones aurifères de Kédougou (est), en présence du directeur général dudit centre, David Okech. Le premier vice-président de la Commission des droits de la décentralisation, du travail et des droits humains à l’Assemblée nationale, Ansoumana Sarr, du gouverneur de la région de Kédougou, Mariama Traoré, de l’ambassadeur de la République du Nigéria, Ainu Abdelkadir, entre autres, ont pris part à la rencontre. « L’exploitation sexuelle constitue une forme d’esclavage moderne contraire à notre condition humaine, à nos engagements internationaux et à notre conscience collective », a ainsi déclaré le directeur adjoint à la Direction des affaires criminelles et des grâces.

Il a également rappelé que le gouvernement du Sénégal a adopté pour une approche multisectorielle afin de prévenir, détecter et réprimer ces crimes, qui touchent particulièrement les populations vulnérables, notamment celles affectées par la pauvreté ou les conflits. Parmi les avancées notables, il a cité la sortie du Sénégal de la liste grise du GAFI – Groupe d’action financière, un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment  d’argent et le financement du terrorisme. Ce qui constitue, selon lui, un signal fort envoyé à la communauté internationale, confirmant la volonté du pays de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, souvent liés aux réseaux de traite et de trafic de migrants.

Younous Kâne  a également évoqué la régulation en cours des daaras ou écoles coraniques, qui traduit l’ambition de l’État de garantir aux enfants un environnement sûr et respectueux de leurs droits, à travers la prévention de toutes formes d’exploitation, y compris économique et sexuelle. Le magistrat a aussi annoncé le projet de création d’un fonds d’indemnisation des victimes de la traite, piloté par le ministère de la Justice. Ce fonds, a-t-il précisé, vise à « mieux accompagner des victimes souvent doublement marginalisées et constitue une avancée majeure en matière de justice réparatrice ».

Sur le plan judiciaire, Younous Kane a rappelé que la Direction des affaires criminelles et des grâces met en œuvre de façon rigoureuse les orientations contenues dans la circulaire du Garde des Sceaux, qui fixe les priorités de la politique pénale nationale, notamment en matière de criminalité transnationale organisée, de traite et de trafic de migrants. Il a salué l’arrimage de la stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière à la Vision Sénégal 2050, permettant de traiter ces questions dans une perspective de développement durable et d’innovation sociale, sécuritaire et économique. Le directeur adjoint des affaires criminelles et des grâces Younous Kane a en outre salué l’étude présentée par le CenHTRO sur la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle. « L’étude présentée aujourd’hui par le CenHTRO offre une base précieuse pour renforcer notre action collective », a-t-il dit, soulignant la gravité des pratiques de recrutement trompeur et de coercition mises en évidence dans les zones d’orpaillage artisanal.

Selon lui, les données recueillies montrent « un système soudé d’abus et de manipulations » ciblant particulièrement les femmes et les jeunes filles vulnérables. Il a également relevé « une évolution dans la perception locale de l’exploitation sexuelle », avec une prise de conscience croissante des communautés, jusque-là paralysées par l’indifférence ou le silence. « Renforcer le CenHTRO, mais aussi la CNLTP [Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes], c’est renforcer la chaîne de protection des victimes », a-t-il ajouté, appelant à une réponse collective, territorialisée et durable face à la traite. (Afp)

0 0 votes
Évaluation de l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Partager sur:

Articles récents

FB_IMG_1712418390727-1068x1149
92878332-65017220
Donald-Trump-2224415978
IMG-20251204-WA0152
Le soutien du modèle économique de la presse publique
senegal_opv-2_niani_2023-08-31_lorient_pl-4561ctrcnrfdom
COJOJ
Mouhamad Al Amine Lo ministre chargé du suivi, de l'évaluation des projets
Découvrir

Dans la même rubrique

FB_IMG_1712418390727-1068x1149
Télécommunications: Alioune Sall annonce le déploiement d’antennes satellitaires pour connecter un million de Sénégalais à Internet
En savoir +
92878332-65017220
Pape Djibril Fall déplore l’insuffisance des moyens alloués au secteur public de l’information
En savoir +
Donald-Trump-2224415978
Foot : Donald Trump, heureux élu pour le prix de la Paix de la FIFA au tirage au sort de la Coupe du Monde 2026
En savoir +
IMG-20251204-WA0152
Émigration irrégulière : l'Espagne renforce la lutte de la police et de la gendarmerie en équipements
En savoir +
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x