Neuf personnes ont été interpellées depuis vendredi à Torre Pacheco, ville du sud-est de l’Espagne touchée par des émeutes anti-immigrés, dont deux en lien avec l’agression d’un retraité à l’origine de cette flambée de violence, ont annoncé lundi les autorités.
« A l’heure actuelle, neuf personnes ont arrêtées », a indiqué la déléguée du gouvernement central dans la région de Murcie, Mariola Guevara, interrogée par des journalistes sur le bilan des violences qui ont secoué ces derniers jours cette ville de 40.000 habitants.
Parmi les personnes interpellées, deux l’ont été dans le cadre de l’enquête ouverte après l’agression d’un retraité de la ville mercredi dernier, a ajouté Mme Guevara, en précisant que ces deux personnes étaient des « immigrés » n’habitant pas à Torre Pacheco.
Les sept autres, un citoyen marocain et six espagnols, ont été interpellés pour leur participation aux affrontements qui ont suivi. Ils sont poursuivis pour des délits de « troubles à l’ordre public », « haine » et « blessures volontaires », a-t-elle détaillé.
Selon la déléguée du gouvernement, près de 80 personnes ayant pris part à ces altercations ont par ailleurs été identifiées. « Beaucoup d’entre elles ont des antécédents pour des faits de violence » et « la majorité ne sont pas de Torre Pacheco », a-t-elle insisté.
Ces violences ont été déclenchées par l’agression en pleine rue d’un habitant de 68 ans, prénommé Domingo. Ce dernier a raconté à des médias espagnols, le visage tuméfié, avoir été attaqué sans motif apparent par trois jeunes d’origine nord-africaine.
Cette agression, filmée et mise en ligne sur les réseaux sociaux, a poussé des groupes d’extrême droite à se rassembler dans les rues de la ville pour s’en prendre à des personnes d’origine nord-africaine, malgré le déploiement d’importantes forces de sécurité.