Le film “Une si longue lettre” d’Angèle Diabang à l’affiche à Dakar dès le 4 juillet

L’adaptation cinématographique du célèbre roman de Mariama Bâ, « Une si longue lettre », par la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang, sort en salle ce jeudi 4 juillet 2025 au cinéma Pathé de Dakar.

Le long métrage sera également diffusé dans 15 pays africains via le réseau Canal Olympia, ont annoncé les organisateurs lors d’une avant-première suivie d’une conférence de presse organisée ce mercredi dans la capitale sénégalaise.

Le film retrace l’histoire bouleversante de Ramatoulaye, enseignante à Dakar, dont la vie bascule après 25 ans de mariage lorsque son époux, Modou, décide de prendre pour seconde épouse Binetou, la meilleure amie de leur fille aînée.

Entre trahison, solitude, lutte pour conserver sa dignité et protéger ses enfants, Ramatoulaye incarne une femme moderne face aux pesanteurs de la tradition, dans une société en mutation.

« Ce film, c’est une longue marche. Une marche marquée par des défis, des obstacles, mais aussi par un amour profond pour ma culture que j’ai voulu magnifier », a confié la réalisatrice Angèle Diabang devant la presse.

Elle a rappelé les douze années nécessaires à la réalisation de ce projet ambitieux, évoquant les difficultés de financement liées notamment au thème sensible de la polygamie. « On s’attend souvent à du dénigrement lorsqu’on aborde certains sujets. Mais j’ai voulu traiter celui-ci avec respect, nuance et fierté », a-t-elle déclaré.

L’actrice principale Amélie Mbaye, qui incarne le personnage de Ramatoulaye, a livré un témoignage empreint d’émotion sur son attachement au rôle. »C’est un rêve de jeunesse devenu réalité. Jouer Ramatoulaye a été un véritable défi émotionnel. Il a fallu canaliser ma fougue pour incarner cette femme forte, digne, qui souffre en silenc », a-t-elle confié.

Le film propose une relecture contemporaine de l’œuvre écrite en 1979, en y intégrant des problématiques toujours d’actualité : condition féminine, tradition, modernité, éducation et solidarité féminine.

Pour respecter l’équilibre narratif, la réalisatrice a dû faire des choix d’adaptation, notamment en réduisant le nombre d’enfants du couple ou en intégrant certaines lettres à travers les dialogues.

« Les lettres sont l’âme du roman. Il a fallu trouver un langage cinématographique qui les rend vivantes sans en faire un film épistolaire », a expliqué Angèle Diabang.

L’adaptation est saluée pour la finesse de son écriture visuelle et la performance sensible de ses acteurs. À travers Ramatoulaye, le film livre un hommage puissant à toutes les femmes africaines en quête de justice, de reconnaissance et de liberté intérieure.

La sortie en salle du film « Une si longue lettre » s’annonce comme un événement culturel majeur, tant pour le Sénégal que pour l’ensemble du continent. (Aps)

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