Au moins 25 personnes ont été tuées jeudi lors d’une série d’attaques coordonnées menées par des jihadistes présumés contre cinq villages de la région de Bandiagara, dans le centre du Mali, en proie à une situation sécuritaire critique, a appris l’AFP vendredi auprès de sources locales et administratives.
Le Mali est dans une situation sécuritaire critique et en proie à l’incertitude après les attaques coordonnées sans précédent menées les 25 et 26 avril par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et la rébellion du Front de Libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir à Bamako.
« Les informations qui nous parviennent sont dramatiques », déplore une source administrative au gouvernorat de Bandiagara qui regrette qu' »aucune autorité n’a(it) encore effectué le déplacement pour évaluer la situation ».
Un responsable du Conseil régional des jeunes de Bandiagara confirme un « bilan provisoire » de 25 morts, « majoritairement des civils et quelques chasseurs dozos ». « Nous avons plusieurs parents que nous ne retrouvons pas et nous sommes sûrs que les assaillants vont revenir. Ils l’ont promis », poursuit cette source.
Ces villages attaqués ont refusé de signer des accords locaux avec les jihadistes du JNIM, affilié à Al Qaïda. Plus de 70 personnes sont mortes dans plusieurs attaques jihadistes il y a deux semaines dans la même région.
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda), de l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.
En réponse à la prolifération des violences, se sont constitués des groupes proclamés d’autodéfense, certains s’appuyant sur des chasseurs traditionnels dozos. Par ailleurs, les jihadistes imposent depuis fin avril un blocus routier sur les principaux axes menant à la capitale malienne, brûlant des dizaines de cars et de camions de marchandises.
AFP
