La justice norvégienne a bloqué en appel l’extradition vers la Grèce du fondateur d’une ONG de défense des droits humains, accusé par Athènes de trafic de migrants, a indiqué son avocat samedi.
Tommy Olsen, fondateur de l’Aegean Boat Report, qui aide des migrants en détresse en mer Égée – entre la Grèce et la Turquie -, avait été arrêté le 16 mars par la police norvégienne, à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis par Athènes.
Le même jour, un tribunal avait estimé qu’il pouvait être extradé vers la Grèce. Mais Tommy Olsen avait fait appel et avait été remis en liberté le 20 mars.
La cour d’appel de Norvège a rejeté le mandat d’arrêt grec, estimant que « les actes décrits dans l’acte d’accusation grec ne sont pas punissables en droit norvégien », a expliqué l’avocat de Tommy Olsen, Brynjulf Risnes, dans un courriel à l’AFP.
L’enquête en Grèce remonte à 2022. Le militant norvégien est accusé d’appartenir à une « organisation criminelle » facilitant l’entrée illégale de demandeurs d’asile en Grèce.
La cour d’appel a également jugé que « le comportement des autorités grecques comporte un risque réel de violation du droit d’Olsen à la liberté d’expression », a indiqué Brynjulf Risnes.
« Il ne s’agit pas seulement d’une importante victoire personnelle pour Tommy Olsen », a réagi l’Aegean Boat Report sur son site internet. « C’est aussi une décision importante pour les journalistes, les défenseurs des droits humains, les travailleurs humanitaires et toutes les personnes qui documentent les abus aux frontières de l’Europe. »
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, avaient appelé la Norvège à ne pas extrader l’humanitaire.
Début mai, l’Aegean Boat Report a accusé les garde-côtes grecs d’avoir mis en danger un bateau de migrants naufragé en mer Égée. Une personne est morte et 43 ont été secourues par les garde-côtes turcs.
L’ONG norvégienne a expliqué avoir reçu un appel d’urgence de personnes se trouvant à bord du bateau pneumatique, qui affirmaient avoir été « violemment repoussées » par les garde-côtes grecs.
La Grèce est régulièrement accusée par des ONG et des médias de refoulements de migrants contraires au droit international, et de traquer les organisations qui les défendent.
Fondée en 2017, l’Aegean Boat Report documente ces opérations attribuées aux garde‑côtes grecques, qu’Athènes dément.
Plus de 1.200 migrants sont morts ou portés disparus en Méditerranée depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
