« Ne mettons pas les violences sous le tapis ! » : au lendemain de l’ouverture du Festival de Cannes, une proposition de loi a été présentée mercredi à l’Assemblée nationale pour muscler la lutte contre les violences commises dans le monde du cinéma et de la culture.
« Malgré le retentissement médiatique de nombreux témoignages, une affaire a toujours chassé l’autre, sans que jamais ne soient interrogées les conditions structurelles ayant permis à ce fléau de prendre une telle ampleur », ajoutent-ils dans un communiqué. « Les carrières des agresseurs se poursuivent, quand celles des personnes qui ont osé parler se brisent ».
Face à ce constat, les deux élus jugent notamment « urgent » de renforcer la protection des mineurs, via l' »instauration d’un contrôle d’honorabilité systématique pour toute personne amenée à travailler auprès de ce public » et en interdisant à un mineur de jouer à l’écran « le rôle d’une personne majeure ».
Leur proposition de loi, qui compte 19 articles au total, appelle également à « sécuriser par la loi les emplois et les droits des travailleurs » en « interdisant toute sanction financière, retenue sur salaire ou demande de dommages et intérêts à l’encontre de celles et ceux qui signalent » des faits de violences et de harcèlement sexistes et sexuels.
Le texte, qui pour être examiné doit être inscrit à l’ordre du jour dans un calendrier législatif déjà très chargé, prévoit par ailleurs un renforcement des sanctions pénales, notamment par la création d’une « nouvelle infraction contraignant les employeurs à signaler les faits portés à leur connaissance ».
Parmi les autres mesures prévues, figurent un renforcement des conditions de travail des enfants de moins de 7 ans, avec notamment l’obligation d’une consultation avec un psychologue, un encadrement des castings qui devront avoir « lieu à des heures ouvrables » et « pas le soir ou après une fête ». Le texte préconise également une obligation de qualification professionnelle pour exercer l’activité d’agent.
Il faut que « la responsabilité des violences sexistes et sexuelles repose sur les épaules de l’ensemble du secteur », a insisté Sandrine Rousseau lors d’une conférence de presse aux côtés d’Erwan Balanant qui a appelé de son côté à mettre un terme à « l’excuse du génie créateur » qui peut « tout faire et tout se permettre ».
Dans son rapport publié en avril 2025, la commission d’enquête parlementaire sur le #metoo dans la culture avait fait état de violences sexuelles « systémiques » dans ce secteur et listé 86 recommandations pour stopper « la machine à broyer les talents ».
Cette commission avait été créée dans la foulée des accusations de viols portées début 2024 par l’actrice Judith Godrèche du temps où elle était mineure contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon.
AFP