L’opposition somalienne et des témoins ont accusé les autorités d’avoir tué une personne dimanche en tirant à balles réelles pour disperser une manifestation antigouvernementale, dans un contexte de montée des tensions politiques dans le pays instable de la Corne de l’Afrique.
Les autorités ont restreint la manifestation à un stade de la capitale et imposé, selon l’opposition, d’importantes restrictions de circulation à travers la ville, bloquant des routes et encerclant des résidences de figures de l’opposition.
Un groupe, dont des personnes expulsées, a manifesté dans le stade Engineer Yarisow (sud), brandissant des panneaux « Nous sommes des victimes » et accusant le gouvernement de s’emparer de force de biens avant la fin prévue du mandat actuel du président, le 15 mai. Mais la manifestation est loin d’avoir eu l’ampleur espérée.
D’autres ont tenté de se manifester dans divers endroits de la capitale malgré l’interdiction des autorités.
Les forces de sécurité ont dispersé des dizaines de personnes rassemblées dans le district de Deyniile (nord) en tirant à balles réelles, selon des opposants et des témoins.
« Un citoyen somalien a été tué et un autre blessé », s’est indigné auprès des journalistes l’ex-Premier ministre et chef de l’opposition Hassan Ali Kheire, décriant une « attaque brutale perpétrée aujourd’hui par le régime du président Hassan Sheikh Mohamud ».
« J’ai vu une personne morte au bord de la route et une autre blessée », a déclaré un témoin, Alinur Ahmed.
– « Déstabiliser la Somalie » –
« Il ne s’agissait pas d’une manifestation organisée de bonne foi. Elle visait plutôt à déstabiliser la Somalie », s’est défendu Hassan Sheikh Mohamud lors d’une conférence de presse. Le gouvernement avait accusé l’opposition d’avoir déployé des éléments armés.
Dimanche, les autorités fédérales ont également organisé des élections locales et régionales dans des dizaines de districts de l’État somalien du Sud-Ouest, présentées comme les premières élections au suffrage universel direct dans ces régions.
Le examen s’est déroulé dans le calme, mais est controversé en raison de la destitution le mois dernier, après de brefs combats entre forces fédérales et forces locales, de l’ancien dirigeant régional, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen.
Ce dernier s’opposait notamment à une réforme de la Constitution, adoptée début mars, qui fait passer de quatre à cinq ans la durée du mandat présidentiel et instaure l’élection au suffrage universel des députés et sénateurs somaliens, jusqu’ici désignés via un système indirect et clanique.
Une élection présidentielle est prévue en juin dans le pays, mais le gouvernement, aux prises depuis près de 20 ans avec l’insurrection des islamistes shebab, liés à Al-Quaïda, peine à asseoir son autorité au-delà de la capitale.
AFP
