Un chercheur alerte sur la destruction d’archives liées à l’esclavage et autres crimes du passé

L’historien et archéologue sénégalais Ibrahima Thiaw, affilié à Institut fondamental d’Afrique noire, alerte sur la destruction progressive des archives liées à l’esclavage et aux violences historiques, estimant que la dégradation de certains sites menace la capacité du Sénégal à préserver des preuves majeures de crimes du passé.

”Les archives sont les preuves sur l’esclavage, le crime. Lorsque nous les détruisons, tous nos arguments perdent leur crédibilité, car nous ne pourrons plus prouver qu’effectivement, il y a eu esclavage, violence (…) ”, a déclaré le spécialiste en archéologie historique du monde atlantique.

S’exprimant, jeudi, lors d’un panel portant sur le thème, ”La traite des esclaves entre mémoire, criminalisation et réparation, au cœur de la résolution des Nations Unies”, le responsable du laboratoire unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et en Anthropologie (URICA-UCAD), a présenté les archives liées à l’époque de la traite négrière et de l’esclavage comme une source d’une ”extrême importance”, citant, notamment, celles liées aux écrits, aux matérielles, aux squelettiques de restes humains, entre autres.

”Malheureusement, au Sénégal, on est confronté à une situation tragique. La protection des sites est vraiment désastreuse et on peut citer beaucoup parmi ces derniers tels que Saint-Louis, l’Ile de Gorée, entre autres qui ont subis des agressions profondes”, a-t-il déploré.

L’archéologue précise que ces ‘’agressions ont fait disparaître une partie importante des preuves” que le pays pourrait utiliser s’il voulait un jour se rendre au tribunal pour dénoncer la façon dont ces sites ont été impliqués dans le commerce de la traite transatlantique.

Le 25 mars dernier, l’Assemblée générale de l’Onu a adopté une résolution historique (80/250), portée par le Ghana, qualifiant la traite transatlantique des esclavages comme étant la “plus grave crime contre l’humanité”.

Ce texte appelle à la reconnaissance de ces atrocités et à des réparations pour les torts historiques.

” (…) cette résolution, on ne l’a pas seulement limitée, mais on l’a associée à des spécialistes pour traiter des questions de mémoire, le rôle joué par les Africains eux-mêmes et la complexité du sujet jusqu’à la ramification actuelle de l’esclavage, de la traite et de la servitude”, a pour sa part, soutenu, l’historienne Penda Mbow.

Elle estime qu’il faut non seulement reconnaître la traite négrière et l’esclavage, mais aussi, l’apport des savoirs endogènes africains dans le développement du continent.

Le spécialiste des Droits de l’homme, Ibrahima Kane, a de son côté, signalé l’existence actuelle de l’esclavage dans certains pays africains, parlant d’une pratique qui contribue à la ”destruction de ces Etats”.

” (…) ce qui est important, ce n’est pas tant que l’esclavage perdure, mais c’est le rôle que l’Etat joue dans sa perpétuation”, a-t-il ajouté, en déplorant le fait que cette pratique continue d’exister, malgré la bataille remportée sur la résolution criminalisant la traite Atlantique des Nations unies.

APS

0 0 votes
Évaluation de l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Partager sur:

Articles récents

PHOTO-DU-MINISTRE-AMADOU-BA
FOOT-SALLE
cojoj
93622cb0-f6df-11f0-b5f7-49f0357294ff
52689461-40098801
32HP786-highres
phpVIBGcj_1
coly
Découvrir

Dans la même rubrique

PHOTO-DU-MINISTRE-AMADOU-BA
Le Sénégal s’engage à œuvrer pour l’application de la rémunération pour copie privée (officiel)
En savoir +
FOOT-SALLE
JOJ Dakar 2026 : le programme prévisionnel des compétitions dévoilé
En savoir +
cojoj
JOJ Dakar 2026 : le tirage au sort des tournois de futsal prévu le 21 mai à Zurich
En savoir +
IMG_20260426_225206_700_x_380_pixel
Sadio Camara, figure de la junte malienne et architecte de la coopération avec Moscou
En savoir +
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x