Les autorités de Zawiya, dans l’ouest de la Libye, où se trouvent un important terminal pétrolier et une grande raffinerie, ont annoncé vendredi une « opération de grande envergure » contre les groupes criminels qui sévissent dans cette ville, théâtre d’affrontements meurtriers récurrents entre bandes rivales.
Des images sur les réseaux sociaux ont montré des combats dans des quartiers résidentiels et à proximité de la raffinerie, à l’ouest de Zawiya. Selon une habitante jointe par l’AFP par téléphone, « les premiers affrontements ont commencé aux premières heures de vendredi », avec « des déflagrations entendues dans toute la ville ».
Les autorités locales n’ont pas communiqué d’éventuel bilan humain de ces opérations, mais la mission de l’ONU en Libye a condamné les affrontements et évoqué « des informations inquiétantes sur des victimes civiles ».
« Il est inacceptable de recourir à des armes lourdes et tirer sans discernement dans des quartiers densément peuplés », a-t-elle affirmé dans un communiqué.
Elle a prévenu que « les infrastructures civiles ne doivent pas devenir des champs de bataille » et appelé « toutes les parties à immédiatement mettre fin à de telles pratiques et à cesser les hostilités dans les plus brefs délais ».
Le Centre de médecine d’urgence a demandé aux habitants de rester chez eux, surtout à l’heure de la prière du vendredi (à la mi-journée) lorsque beaucoup de personnes se rendent dans les mosquées.
Effectuées sur « instruction des autorités judiciaires compétentes », ces descentes policières visent, selon les autorités, des « criminels impliqués dans des actes graves » tels que des « meurtres et tentatives de meurtres, des séquestrations et extorsions de fonds, du trafic de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains et de migration clandestine ».
Théâtre de combats fréquents entre gangs, Zawiya, qui abrite l’une des principales raffineries de pétrole de ce pays riche en hydrocarbures, est également connue pour des trafics en tout genre, comme la contrebande de carburant et de marchandises avec la Tunisie voisine.
C’est aussi un point de départ de migrants en situation irrégulière espérant rejoindre l’Europe par la mer. En janvier 2025, le Gouvernement d’unité nationale, reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, avait lancé une opération avec le même objectif, menant plusieurs frappes aériennes à l’aide de drones.
Depuis la chute du pouvoir de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est minée par des divisions et la présence d’une multitude de groupes armés aux allégeances mouvantes et de réseaux de trafiquants en tout genre. Deux gouvernements parallèles y coexistent: l’un à l’ouest dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et l’autre à l’est contrôlé par le clan du maréchal Khalifa Haftar.
AFP

