Le niveau de la menace au large de la Somalie a été relevé à « important » par le JMIC, centre d’information sur la sécurité maritime, après plusieurs attaques de hypothèses pirates recensées ces derniers jours, les premières depuis plusieurs mois.
Le niveau de menace « Important » (« forte possibilité d’attaque ») est le troisième de l’échelle du JMIC qui en compte cinq allant de « basse » (attaque très peu probable) à « critique » (attaque presque certaine).
Dernier événement en date, la prise de contrôle par des pirates d’un cargo au large de la côte nord-est de la Somalie, rapporte sans autre détail le JMIC, géré par les Combined Maritime Forces (CMF), une coalition maritime internationale de 47 pays, déployée pour assurer la sécurité maritime dans le nord de l’océan Indien (Golfe, mer Rouge, Golfe d’Aden, mer d’Arabie…).
Ce cargo, le M/V Sward, est toujours « sous le contrôle d’individus armés », alerte lundi le Centre de sécurité maritime de l’océan Indien (MSCIO), lié à la force navale européenne Atalante.
Le MSCIO signale également que des pirates ont pris le contrôle le 21 avril du pétrolier Honor 25, à une centaine de km plus au nord et recommande à tous les navires une « vigilance accrue » dans une bande de 150 milles nautiques (environ 278 km) le long de la quasi-totalité de la côte orientale de la Somalie.
Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, qui a également fait état du piratage du cargo et du tanker, l’équipage d’un autre cargo a en outre mis en fuite, le 23 avril, par des tirs de sommation, des hommes armés s’approchent à bord de deux petites embarcations, au large du nord-est de la Somalie.
Les côtes de la Somalie, pays plongé dans l’instabilité depuis plus de 30 ans, bordent l’océan Indien et le golfe d’Aden qui donne accès à la mer Rouge, le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées du monde, alors que la fermeture de fait du détroit d’Ormuz perturbe le trafic maritime international.
Après un pic en 2011, les actes de piraterie au large de la Somalie avaient fortement diminué grâce notamment au déploiement de navires militaires internationaux, la création d’une police maritime – entraînée par l’UE – au Puntland, région de la côte nord de la Somalie, et diverses mesures prises par les armateurs commerciaux (routes isolées des côtes, augmentation de la vitesse, aménagements antiabordage et gardes armés à bord…).
Dans son dernier tableau de bord hebdomadaire en date actualisée au 12 avril, le JMIC considérait ainsi la « menace pirate » comme « basse » dans le bassin somalien, où « actuellement aucun groupe pirate confirmé n’est actif ». Le dernier incident recensé dans ce document par le JMIC, une tentative d’attaque de pirates visant un pétrolier, remontait alors au 7 novembre 2025.
Mais les pirates n’ont jamais disparu de la côte somalienne, rappelle Omar Mahmood, analyste à l’International Crisis Group (ICG). Ces dernières attaques « font partie d’une tendance régulière qui voit les groupes de pirates continuer d’exister et attendre une opportunité » d’agir.
Il y avait déjà eu une nouvelle flambée de piraterie en Somalie fin 2023 et en 2024, rappelle-t-il, et à plus petite échelle début 2025. Récemment, « l’attention s’est portée sur le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb » dépendant de la mer Rouge au golfe d’Aden, « aux yeux des pirates cela représente une opportunité », souligne Omar Mahmood.
AFP
