La croissance économique en Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 4,1 % en 2026, soit un niveau inchangé par rapport à 2025, bien que les risques de ralentissement s’accentuent, affirme la Banque mondiale dans un ‘’état des lieux de l’économie africaine’’ publié ce jeudi 8 avril.
‘’La reprise en Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques augmentent’’, observe l’institution financière dans son dernier bulletin semestriel sur la situation économique du continent.
Elle ajoute que ‘’la reprise de la région […] s’essouffle’’.
Le document signale que ‘’la dépréciation du dollar américain a atténué les pressions inflationnistes et accru les revenus des ménages dans la région’’.
‘’Par ailleurs, les prix élevés des métaux précieux et des produits d’exportation tels que le café et le cacao ont soutenu les recettes en 2025 et devraient encore renforcer, cette année, les positions budgétaires et extérieures des pays riches en ressources’’, notent les économistes de la Banque mondiale.
Ils estiment que ‘’les répercussions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient, le lourd fardeau du service de la dette et les faiblesses structurelles profondément ancrées érodent les perspectives de croissance et freinent la création d’emplois’’ en Afrique subsaharienne.
Ces risques se sont intensifiés depuis le 28 février, date à laquelle le conflit au Moyen-Orient s’est rapidement aggravé, avec les attaques directes menées contre des installations de production d’énergie et les graves perturbations du trafic maritime du détroit d’Ormuz.
La Banque mondiale est d’avis que l’ampleur de l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’Afrique subsaharienne dépendra de la durée des hostilités, de l’étendue des retombées régionales et de l’importance des dommages causés aux infrastructures essentielles.
Les conséquences de cette guerre devraient se transmettre principalement, en Afrique, par quatre canaux : le commerce, les investissements, la finance et la main-d’œuvre.
L’institution financière note aussi que ‘’la demande intérieure continue de soutenir la croissance, qui est portée par la consommation privée et l’investissement’’.
La Banque mondiale affirme, dans un communiqué joint au bulletin semestriel, que ‘’le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables’’.
‘’À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables. Parallèlement, le maintien de la stabilité macroéconomique sera crucial pour traverser le choc actuel et permettre aux pays africains de rebondir plus rapidement au sortir de la crise’’, explique Andrew Dabalen, un économiste chargé de la région Afrique au sein de l’institution financière.
Le communiqué citant M. Dabalen fait remarquer que ‘’le niveau élevé d’endettement public et le poids croissant du service de la dette continuent de restreindre la capacité des pays à financer leurs priorités de développement et à investir dans les infrastructures de base nécessaires à la création d’emplois’’.
‘’Les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014, tandis que le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé au cours des huit dernières années en passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. En outre, l’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, sous l’effet principalement des répercussions du conflit au Moyen-Orient’’, poursuit la même source.
Elle relève une baisse des financements extérieurs et une réduction de l’aide au développement.
Selon le rapport semestriel, les pays africains devraient adopter des politiques propices à un apprentissage rapide et orienter stratégiquement l’économie vers des biens et services à plus haute valeur ajoutée, susceptibles de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité.
‘’Des politiques industrielles bien conçues peuvent contribuer à déverrouiller les gains de productivité et la création d’emploi, dans la mesure seulement où elles reposent sur une appréciation réaliste des possibilités et des contraintes propres à chaque pays et sont utilisées avec modération’’, est-il écrit dans le communiqué.
APS