L’Iran exécute un homme condamné pour collaboration avec Israël dans les manifestations de janvier

Les autorités iraniennes ont annoncé jeudi l’exécution d’un jeune homme reconnu coupable d’avoir mené des actions pour le compte d’Israël et des Etats-Unis lors du récent mouvement de manifestations qui a secoué en janvier l’Iran, désormais en guerre contre ces pays.

« Amir-Hossein Hatami a été pendu à l’aube aujourd’hui » pour avoir commis des actes « portant atteinte à la sécurité nationale pour le compte du régime sioniste et des Etats-Unis », a indiqué le site d’information Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire.

Le communiqué précise que ces actes incluent une tentative d’intrusion dans un « centre militaire » afin de « s’emparer des armes qui y étaient stockées ».

Le jeune homme, âgé de 18 ans, avait été condamné à mort en février avec six autres personnes et a été pendu jeudi dans la prison de Ghezel Hesar, près de Téhéran, selon l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège.

Il avait été « soumis à la torture et condamné sur la base d’aveux extorqués, lors d’un simulacre de procès », a dénoncé le directeur de l’ONG, Mahmood Amiry-Moghaddam, cité dans un communiqué.

Il s’agit de la quatrième exécution liée aux manifestations qui ont éclaté en Iran fin décembre contre la hausse du coût de la vie, avant de se muer en mouvement de contestation populaire contre le pouvoir qui ont culminé les 8 et 9 janvier.

Le 19 mars, les autorités iraniennes ont annoncé les exécutions de trois personnes reconnues coupables d’avoir tué des policiers et mené des opérations en faveur des Etats-Unis et d’Israël, les premières liées au mouvement.

Le régime a reconnu plus de 3.000 morts dans les manifestations, mais impute les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël.

L’ONG américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency) a elle recensé plus de 7.000 morts, en grande majorité des manifestants, et a prévenu que le bilan pourrait être bien plus lourd.

L’exécution menée jeudi intervient dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, ayant provoqué la mort du guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei.

Depuis, les annonces des pendaisons s’enchaînent: cette semaine, quatre hommes accusés d’avoir voulu renverser le régime et d’appartenir aux Moudjahidine du Peuple (MEK), une organisation en exil depuis les années 1980 et classée comme « terroriste » par Téhéran, ont été pendus.

« Sur les seules deux dernières semaines, trois manifestants et quatre prisonniers politiques ont été exécutés et des centaines d’autres encourent un risque imminent », a résumé le directeur de l’ONG Iran Human Rights.

L’ONG Amnesty international avait pour sa part dénoncé mercredi « l’instrumentalisation de la peine de mort » en pleine guerre par les autorités iraniennes pour « éradiquer les voix dissidentes et terroriser la population », dans un communiqué qui alertait notamment de la possible exécution d’Amir-Hossein Hatami.

AFP

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